8 octobre 1914

8 Octobre

Je n’ai pu achever ma lettre hier, et j’ai griffonné à la hâte une carte par laquelle je rappelle la date de notre mariage. J’ai dit toute ma pensée, je ne te répéterai pas chérie ce que tu sais si bien.

Les changements ici sont très fréquents, le caractère s’en ressent, le passage de blessés aux plaies affreuses, modifie absolument l’attitude de l’esprit, de gai on passe à la tristesse en constatant de pareils spectacles, la vue de détachements de prisonniers vient effacer la précédente vision. J’écris en ce moment au bord d’une route, la même où j’ai commencé cette lettre hier, j’ai passé par toutes les vicissitudes que je viens de dépeindre sans compter l’effet que me cause ma pensée qui vole si souvent près de vous. Ma prose doit se ressentir de cette mobilité des faits et par suite de ma pensée. En ce moment je viens encore d’être distrait par le passage d’automobiles blindées munies de canons revolvers actionnés par des marins. Ces engins vont chasser de leurs repaires, des maisons fortement retranchées occupées par l’ennemi et que nous bloquons. Nous espérons pour ce soir la reculade tant attendue. Le corps d’armée hier, indépendamment des 200 prisonniers faits par le 37e en a fait 600 autres, tous de la garde. Ces prisonniers déclarent être à bout de forces. Est-ce la fin ? Mais les nôtres en feront-ils autant ailleurs ? Allons, j’arrête encore une fois, je pourrais continuer ce soir sans doute.

________________________________________8 octobre 1914 (Journal de Marche et d’Opérations du 37e RI )

Le régiment reçoit l’ordre de maintenir solidement le front qu’il occupe: Hebuterne-Foucquevillers tout en contribuant à l’attaque qui doit être faite sur Gommecourt à 7h par 2 bateries 153e et le 69e.

L’attaque progresse difficilement dans la journée. Ce n’est qu’à la tombée de la nuit, à la faveur d’un bombardement sérieux du bois de Gommécourt qu’elle arrive à quelques centaines de mètres du bois entourant le château.

La 11e compagnie et la 3e section de mitrailleuses coupent la gauche de la gauche de l’attaque. La 7e compagnie opère avec le 69e. Pendant toute la journée, les positions furent soumises à un bombardement violent. Les pertes sont médiocres.

Cartographie du 8 octobre 1914

 

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