7 octobre 1914

Encore en Pas-de-Calais, 7 octobre 1914

Ma bonne Cécile

Nous avons été fortement occupés jusqu’à ce jour, mais je crois que l’occupation augmente aussi de jour en jour en intérêt. Notre régiment qui a chaque renfort de réservistes semble un peu perdre de sa belle force, ne tarde pas à se ressaisir et devient bientôt la belle troupe du début et c’est ainsi que des prodiges, obscurs pour la plupart, car nous ne sommes pagaïes, je ne sais pourquoi, sous le rapport de la réclame, c’est ainsi dis-je que chaque jour apporte un exploit nouveau. Nous avons été appelés et amenés ici, de la somme en automobile pour boucher un point faible gardé par les territoriaux. Ces malheureux au 1er coup de canon allemand f…. Le camp en s’écrasant ici proprement. (Ce ne sont plus des méridionaux cette fois, ce sont des normands). Les Allemands grisés par ce succès y allaient carrément, le régiment prit un soir, à leur insu, la place des territoriaux et reçut les Allemands d’une façon à laquelle ils ne s’attendaient pas. Près de deux cents prisonniers viennent de passer ici, le sol, en avant de nos lignes est couvert de cadavres et ce qui est le plus beau, c’est la « garde ». Les beaux hommes, les beaux cadavres !! Malheureusement le spectacle est toujours, le même : plaines admirables, mais cités anéanties. La note caractéristique du paysage, si on peut ainsi s’exprimer ; est, le moulin à vent, or ces moulins sont toujours situés sur des hauteurs de sorte qu’ils sont tous brûlés ou en flammes. Aujourd’hui par exemple, je suis en un point merveilleux, il fait un soleil splendide, il fait bon, bien que les nuits soient très froides. Le spectacle lorsque les canons ne troublent pas le silence est impressionnant de calme, c’est le vrai théâtre de la nature de l’angélus… Mais l’illusion poétique ne dure pas longtemps, trop de choses, d’odeurs et le reste rappellent l’horrible réalité. Du reste nous sommes bien placés au 20e corps pour faire des comparaisons. On vient encore de nous transporter par les voies rapides pour renforcer et nous nous en sommes bien tirés.

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7 octobre 1914 (JMO du 37eRI)

Le 20e corps d’armée doit reprendre l’offensive. La brigade mixte sous les ordres du Colonel De Lobit doit maintenir la possession du front Foncquevillers, ferme de Sgny. Le 37e tout en maintenant ses positions doit concourir par ses feux à l’attaque de Gommecourt. Les villages de Foncquevillers et d’Hebuterne sont l’objet d’un bombardement systématique pendant toute la journée.

Les pertes sont minimes.

Cartographie du 7 octobre 1914

 

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