1er septembre 1914

N°1 par poste – 1er septembre 1914

Chère chère Cécile

Aujourd’hui je reçois en plein champ et au son de la musique dont je t’ai déjà parlé. Ta bonne lettre datée du 19 août et une carte de notre bon Robert datée du 20 août, qui m’annonce son départ pour Rosières en Haye. Tu devines mon émotion en lisant ces chères missives. D’autant plus qu’elles arrivent en une journée pénible, qui n’est pas encore terminée puisqu’il n’est que 3h1/2, mais le vaguemestre va repasser et je vais te tracer ici au courant du crayon ce qui me viendra à l’esprit. Je t’ai écrit chaque fois que j’ai pu. Il y a 3 ou 4 jours, c’est un nommé Journal droguiste à Saint-Max qui s’est chargé de remettre une lettre à Excelsior. Le lendemain, je crois, c’est un jeune boy-scout habitant rue Stanislas, je ne me souviens plus de son nom, mais c’est, je crois un nom comme le fabricant de pâtés Elbel je crois. Il m’a promis de la poster à Maréville. C’est un bon gros joufflu à la figure de femme. Enfin le jeune Frambry, fils du chef de musique, a dû aussi t’en passer une, il devait revenir le lendemain et je lui aurai remis une certaine somme, mais sans doute qu’il n’a pas pu franchir les lignes.

Cette lettre, je vais l’envoyer par la poste, car je n’espère plus sur les visites.

Mais comme je voudrais te donner un petit contrôle, je vais les numéroter en commençant aujourd’hui. (Je dirai n° tant par la poste que par exprès) Es-tu bien prévenue régulièrement par Excelsior et comment ?

Dans une de mes lettres, je te faisais part de mes inquiétudes ou plutôt de l’intérêt que j’apportais à la question appointements : tu me diras exactement ce qui s’est passé. Je t’en prie.

Par ce courrier, j’écris à Robert je n’ai pas encore eu le temps de le faire. As-tu Maria Collin avec toi ?

Je t’embrasse bien fort chérie et te remercie encore de tes bonnes paroles. Oui je reviendrai et comme tu le dis avec tant d’âme, pour nous aimer plus que jamais, à toi, à toi ma chérie, embrasse Loulou et des tas de choses à tout le monde.

Encore tout à toi.

J.Druesne

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1er septembre 1914 (JMO du 37e RI)

Le régiment reçoit l’ordre suivant : la 22e brigade doit couvrir à gauche une attaque de la 21e brigade sur la cote 331 forêt Saint Epore, hauteur 290 Est de Deuxville.

A cet effet le 79e  attaquera la côte 290 . 2 bataillons du 37e devront appuyer cette attaque pendant que deux compagnies du troisième bataillon avec un bataillon du 79e,  sous les ordres du chef de bataillon du 79e maintiendront la position Deuxville, moulin de Deuxville, petite Maixes.

 Le mouvement du 37e doit se faire de la façon suivante : le troisième bataillon doit appuyer directement l’attaque du 79e à gauche.  Les six autres compagnies fourniront deux échelons devant le premier ( 1er bataillon) doit prendre pour objectifs successifs le moulin de Deuxville, la ferme de Renauville et le 2e bataillon (6e et 8e compagnies) en échelon suivra les pentes au Sud de Petite Maixe, Einville et surveillera cette localité ainsi que les abords Nord-Ouest et entrera en liaison avec la 39e Division.

A 4h30, les 3 bataillons débouchent entre les bois et le moulin de Deuxville, en liaison avec les 79e. Il progresse dans la direction de la ferme de la Rochelle jusque sur les pentes à l’Est du ruisseau des tombes.

A 6h30 la situation est la suivante: 3e Bataillon tient les pentes à l’Est du moulin de Deuxville. 1er bataillon à la lisière Nord Est du bois du Moulin de Deuxville. 2 compagnies du 2e bataillon en arrières du sailland Nord-Ouest du même bois, en échelon en arrière et à gauche. 2 compagnies du 2e bataillon tiennent Petite Maixe et Moulin de Deuxville. L’offensive du régiment a été arrêtée à 11h. Le régiment s’installe de la façon suivante:

1er bataillon Bois au Nord du moulin de Deuxville

2e bataillon Petite Maixe avec 1 compagnie au Moulin de Deuxville

3e bataillon Petite Maixe.

Le nombre de tués est de 10 et des blessés de 50. Le lieutenant Oudot a été tué; le lieutenant Dusseaux a été blessé.

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(«Historique du 37e régiment d’infanterie. France. 1914-1918″)

Le 1er septembre, le régiment, couvrant à gauche une attaque de la 22e brigade sur les hauteurs de Friscati , pousse jusqu’au ruisseau de la Tombe; mais là il est arrêté par des feux violents d’artillerie et d’infanterie.

Cartographie du 1er septembre 1914

 

 

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