Les perruques de Jean Baptiste

Où l’on découvre à la page 257 de mon ouvrage que Descartes portait perruques..
« Perruques: connues de temps immémorial en Asie et particulièrement au Japon… Des perruques à cheveux crépus ou frisés sont au nombre des antiquités rapportées d’Égypte en 1822 par le voyageur français Frédéric Caillaud. Les Perses portaient des perruques, elles étaient aussi en usage à Carthage: Annibal, en traversant les Gaules, changeait souvent de perruques pour se rendre méconnaissable et échapper ainsi aux complots
des Gaulois qu’il avait dans son armée. A Rome , hommes et femmes portaient des perruques dans les derniers temps de la république : celles-ci recherchaient les cheveux achetés en Allemagne parce qu’ils étaient blonds et qu’elles aimaient beaucoup cette couleur. Les perruques fabriquées à Constantinople eurent beaucoup de célébrité dans l’Orient, malgré les anathèmes les plus redoutables de l’église: Tertullien condamne formellement les perruques; saint Clément d’Alexandrie les proscrit comme un acte d’impiété saint Paulin assure que le Seigneur humiliera, en les rendant chauves, les femmes qui couvrent leurs têtes de cheveux étrangers.
Le concile tenu en 692 à Constantinople excommunia les fidèles qui porteraient des cheveux teints, frisés ou artificiels. Ives de Chartres range les perruques parmi les vêtements impudiques, etc. La sévérité de ces arrêts n’empêcha pas l’usage des perruques de se maintenir en Italie et de s’introduire dans les divers pays de l’Europe, notamment en France.

Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne mort en 1467, en renouvela la vogue. Hommes et femmes indistinctement portaient des perruques du temps de Louis XI ; on voit par les chroniques de ce règne que, comme on préférait alors à Paris les cheveux blonds, les fabricants de perruques de cette capitale réussirent à teindre très-bien en blond les cheveux d’une autre couleur ; les mêmes annales font mention de perruques faites avec des crins de chevaux , teints de couleur blonde, et de perruques de laine achetées en Italie.

Intérieur d’une boutique de perruquier sous Louis XV, d’après une estampe du temps. Dessin de Dargent.
… Mais la mode des perruques italiennes s’introduisit surtout en France sous le règne de Henri III: lorsque les suites d’une maladie vénérienne eurent fait tomber les cheveux à ce prince, il portait à une barette qu’il ne quittait jamais, pas même chez la reine, des cheveux étrangers ; ces perruques employaient très-peu de cheveux. Mais vers l’année 1620, la mode changea entièrement; les coiffeurs se mirent à débiter des perruques très-épaisses et très-lourdes. L’abbé Barbier de la Rivière, confident du frère de Louis XIII, surnommé le patriarche des ecclésiastiques perruquets par le savant théologien de Thiers, parut l’un des premiers à la cour avec une perruque de cette espèce. …
Les cheveux de Descartes ayant commencé à blanchir à l’âge de quarante ans, il prit presque aussitôt perruque; il en croyait l’usage utile à la santé et il le recommandait comme un préservatif contre les fluxions et les maux de tête; ce philosophe faisait venir toutes ses perruques de Paris, mème lorsqu’il fut en Suède; à sa mort on en trouva quatre parmi ses effets.
En 1679, les chanoines de Soissons se pourvurent au parlement de Paris contre un prêtre qui prétendait officier avec une perruque dans l’église cathédrale de leur ville. Une délibération solennelle des pères de l’oratoire, en date du 15 septembre 1684, défendit à tous les individus de cette congrégation de porter des perruques soit petites ou grandes, et sous quelque prétexte que ce pût être.
Musée Carnavalet, Histoire de Paris

Vers la fin du règne de Louis XIII, on abandonna les grandes calottes garnies d’un double rang de cheveux tout droits ou légèrement frisés, pour prendre des coiffures plus volumineuses. Le prix énorme des nouvelles perruques inventées par un nommé Binette vers la fin du règne de Louis XIII, et dont quelques-unes se vendirent jusqu’à mille écus pièce, ne les empêcha pas d’avoir promptement beaucoup de vogue même dans les pays étrangers.

Le français Philippe Tourneur est le premier individu qui ait exercé le métier de perruquier dans les états de Brandebourg, en conséquence d’un titre; sa commission date du 10 juillet 1668, il prit l’engagement de fournir des perruques, non-seulement à l’électeur, mais aussi au prince électoral et aux margraves, sans rien y faire entrer d’impur le fils ainé de l’électeur n’avait pas alors plus de dix ans, et ses frères étaient des enfants de huit ans et de deux ans. En 1680, le français Ervais inventa le crêpé, qui joint mieux que les grandes perruques et qui, quoique plus léger les fait paraitre mieux fournies. Vers la fin du dix-septième Siècle, l’extrémité des perruques se sépara en plusieurs parties quelquefois en dix; on les nouait en été, on les dénouait en hiver: cette mode fit imaginer de porter deux queues séparées.
…  Le 30 septembre 1702, défense fut faite au nom du pape, aux prêtres d’Avignon, portant perruque, de dire la messe dans le cas même où ils offriraient de laisser auparavant dans la sacristie de l’église leur coiffure postiche ; cette ordonnance porte privation de pouvoirs ecclésiastiques et peine de prison contre les infracteurs.
…. Les coiffeurs se sont servis longtemps en France, dans la fabrication des perruques, de différentes matières , telles que la laine, la soie, le crin et même le fil de fer. Autrefois les marchands de vieilles perruques, établis à Paris, étaient tenus de mêler des crins dans celles qu’ils vendaient et d’attacher au fond de la coiffe une inscription portant ces mots: perruque mêlée.
Le maréchal de Saxe conseille dans ses mémoires sur l’art militaire, intitulés Rêveries, et publiés en 1759
de tenir très-courts les cheveux des soldats et de leur faire prendre une petite perruque d’agneau d’Espagne de couleur grisâtre ou noire durant les mauvais temps; une perruque de cette espèce qui, selon lui, coiffe très bien, garantit des rhumes et des fluxions, est très solide et coûterait environ 20 sols... »

Vous vous en doutez, je vais vous parler d’un perruquier, j’aurais pu vous parler du père de Louis mon chirurgien mais je vais plutôt vous présenter Jean Baptiste Gresset, le grand-père de Sophie Anne, vous savez la femme de Georges Etienne. Vous suivez? oui, j’en suis sûre.
Jean Baptiste Gresset est né le 20 septembre 1749 à Blainville sur l’Eau, il est le fils de Jean François et de Barbe Leroy et il a un frère ainé Pierre.
Je ne sais rien de sa jeunesse mais je le retrouve âgé de 26 ans, le 20 février 1776 à Nancy pour son mariage avec Marguerite Prunier une nancéienne âgée également de 26 ans. Jean Baptiste est dit perruquier, sans doute pour les nobles installés à Nancy depuis l’installation de Stanislas Leszczynski.
Ensemble ils auront 5 enfants  Claude né en 1777 , puis Pierre en 1779 (le père de Sophie Anne), Anne en 1781 et enfin Charles et Marie Agnès des jumeaux en 1783 mais qui ne vivront qu’un mois.
Après la mort des ses deux petits bébés Marguerite Prunier va être très éprouvée;  le 27 novembre 1784, Jean Baptiste décède. L’année suivante c’est son fils ainé Claude s’éteint en 1785.
Marguerite décède 40 ans après son mari.
Retrouvez la généalogie de Jean Baptiste Gresset

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