H comme Hameçon

La jeune hameçonnière

Connaissez-vous Ault, dans la Baie de Somme? Son Nom vient du latin Altus qui signifie à la fois « en haut » et « en bas ». C’est vrai que la situation de ce petit bourg oscille entre la falaise et la plage. Un petit bourg apprécié de Victor Hugo.

C’est là, en plein hiver, qu’est née Marie Rose le 27 décembre 1866. Ses parents Victor Emile Leclerc menuisier et Victoire Rosalie Bréhamet ménagère se sont mariés à Ault un an auparavant. Un petit frère, Paul,  naîtra le 25 janvier 1870, mais décédera en mars de l’année suivante. Une petite sœur Marie pointera son nez le 11 avril 1875.

Si Marie Rose ressemblait à sa sœur, elle devait être très jolie. Elle était hameçonnière à Ault et elle a dû sans doute commencer à travailler assez jeune chez un pêcheur. Elle prépare les hameçons pour son patron  et parfois répare les filets.

Mais en ce mois de janvier 1885, alors qu’elle vient de fêter ses 18 ans, Marie Rose se blesse. Il fait assez froid et elle a les doigts un peu gourds, elle a déjà nettoyé plusieurs filets de pêche depuis le matin.

Sans doute fatiguée, alors que l’après midi touche à sa fin, elle ne voit pas le vieil hameçon rouillé coincé dans les mailles du filet qu’elle est en train de réparer, et se l’enfonce dans le doigt. ce n’est qu’une petite blessure qu’elle ne va sans doute pas soigner. Au fil des jours , elle s’affaiblit, attrape les fièvres et finalement meurt d’infection le 16 janvier 1885 à Ault.

Retrouvez Marie Rose Leclerc dans mon arbre généalogique

Petite histoire du hameçon

Revenons à notre mot du jour, le hameçon grâce au blog des éditions Quae.

« Alors que l’appellation haim (ou hain), du latin hamus, perdurera, le terme hameçon apparaît au XIIe siècle dans Perceval le Gallois. Izaac Walton, dans la deuxième édition de son ouvrage, parue en 1655, recommande les hameçons courbés inventés par Charles Kirby….

La fabrication des hameçons est décrite dans un document de 1657 : « Il faut faire les hameçons des plus fines esguilles, et avant de les plier les faire rougir au feu, autrement elles se casseraient, et les plier après avec de petites pincettes, puis les remettre au feu et les retremper bien rouges, puis leur faire prendre la couleur violette afin qu’ils ne se cassent et qu’ils soient assez forts pour tirer toute truite sans s’ouvrir.

L’hameçon, dont la matière première est une longue aiguille de section carrée, est fabriqué à l’unité par des ouvriers faisant preuve d’une grande habileté. La succession des opérations est décrite dans le Dictionnaire illustré universel paru en 1864. L’ouvrier, à l’aide d’une lime très mince, crée le dard en pratiquant une entaille dans une aiguille immobilisée dans une rainure faite sur une plaque de bois très dur. Une section de l’aiguille est ensuite arrondie, à l’aide de pinces rondes, pour obtenir la courbure désirée. Une troisième phase consiste à marteler et limer l’autre extrémité de l’aiguille pour réaliser la palette sur laquelle sera fixé le fil de pêche. L’hameçon est alors recuit à haute température puis trempé dans un bain de suif. »

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