Paul_foucherTrouver de l’aide auprès de Victor Hugo pour découvrir un de ses ancêtres, c’est évidement une chance!
Paul est moins connu que sa soeur de 7 ans son ainée, Adèle qui épousera Victor Hugo en 1822.  Il est né en 1810.
Les familles Hugo et Foucher étaient très proches et ont passé de nombreux moments ensemble lorsque les enfants étaient jeunes. Lorsque Adèle et Victor débutèrent leur idylle, Paul leur servait parfois de messager, « J’ai pourtant envoyé Paul à l’instant te dire de venir… » (Lettre d’Adèle Foucher à Victor Hugo le 13/09/1822)… De temps en temps Victor emmenait Paul à une exposition « Ton petit frère vient de me tourmenter pour aller avec lui à cette exposition de tableaux » (lettre de V. Hugo à Adèle Foucher le 10 mars 1822), voir une pièce de Théâtre ou lui choisissait des livres  » J’ai l’honneur d’envoyer à Monsieur Foucher quelques livres: je désire qu’ils lui offrent quelque intérêt ; j’y joins un volume des Annales que j’ai promis à Paul en attendant le 2e volume de L’Enéïde. « (lettre de V. Hugo à Pierre Foucher père d’Adèle et de Paul le 25/09/1821)
En juillet 1823, naît le premier enfant de Victor et d’Adèle: Léopold qui est un bébé fragile. Adèle se remet difficilement de ce premier accouchement, le Général Hugo (père de Victor) et sa femme proposent alors de trouver une nourrice près de chez eux (à Blois) et de l’installer avec le bébé chez eux. Paul est du voyage et reste environ 1mois chez le général comme en témoignent plusieurs lettres échangées entre les deux familles.
Malheureusement le petit Léopold décède en octobre de la même année. En 1824, Paul signe comme témoin l’acte de naissance de Léopoldine.
Paul fait des études:  » ….. j’ai laissé ton aimable lettre à Blois, ce qui m’empêche d’y répondre en détail. D’ailleurs tu m’y fait plus de questions que ne t’en feront certainement les six pédants noirs de la faculté lors de ta candidature au baccalauréat-ès-lettres de l’université de Paris…. (lettre de V. Hugo à Paul Foucher le 10 mai 1825)
Paul semble être en admiration devant son beau-frère!: « … En arrivant j’ai trouvé ton père et ta mère; Paul m’a sauté au cou, et les milles interrogations ont commencées!…. » (lettre de Victor à sa femme Adèle le 21 mai 1825) et Pierre Foucher (le père de Paul et d’Adèle) charge Victor de surveiller Paul : » … Je vous prie, mon cher Victor, de ne pas perdre de vue notre Paul…. » (lettre de Pierre Foucher à Victor Hugo le 13 juillet 1825)
Paul sera élève de la pension Garon puis du collège Henri IV avec  le Duc de Chartres (futur duc d’Orléans) et d’Alfred de Musset qui devient son ami intime. C’est d’ailleurs Paul Foucher qui introduisit Musset chez Victor Hugo.
« L’ouverture de coeur et la véritable fraternité avec lesquelles Victor hugo adopta Paul Foucher offrent un intérêt touchant, curieux et prolongé, et leur amitié ferait un beau sujet de thèse pour quelque étudiant de nos facultés. » (extrait de « Souvenirs de Pierre Foucher 1772-1885″ préface de Louis Guimbaud chez Plon 1929)
Paul fait ses débuts d’auteur dramatique en 1828 avec une pièce jouée 1 seule fois! « Amy Robsart » qui selon  les sources  aurait été écrite soit par lui  soit par son illustre beau-frère. « On sait l’histoire d’Amy Robsart , ce drame sombre que tira Victor hugo du roman de Kenilworth, par Walter Scott, et qu’il donna en 1828, à son jeune beau-frère, pour le faire représenter à l’Odéon. La pièce ayant été brusquement sifflée, Victor hugo en revendiqua la paternité. La noblesse du geste est connue. Je n’y reviendrai donc point…
Mais voici une moindre aventure, presque inédite, et qui caractérise peut-être mieux encore les rapports des deux beaux-frères : un peu avant Amy Robsart, Victor hugo, qui, à l’occasion, provoquait et corrigeait lui-même les essais de Paul Foucher, l’introduisit dans un petit journal mort-né, le Biographe. Et là, il lui suggéra d’écrire quelques biographies d’illustres contemporains. Il lui souffla même celle d’un homme dont la grandeur ne lui a jamais échappé, l’auteur des Méditations Lamartine
Ni le parfait dévouement de Victor hugo, ni en sous-main les petites habiletés bien naturelles que déployait Mme Victor Hugo, ne parvinrent pourtant, dans les commencements, à marier Paul Foucher avec le succès. Il ne quittait guère son beau-frère, sa soeur, ou leurs amis: on le conviait avec eux à toutes les fêtes; de la rue du Doyenné, chez Roger de Beauvoir, à la place Vendôme dans l’atelier du peintre Biard, il n’est pas un bal travesti où les romantiques n’aient vu passer ce grand diable, d’une myopie accusée, costumé un soir en hallebardier, le lendemain en Guillaume Tell, et pour qui l’arme principale demeurait le binocle .
(extrait de « Souvenirs de Pierre Foucher 1772-1885″ préface de Louis Guimbaud chez Plon 1929)
En 1829, au moment ou il part à la retraite Pierre Foucher père de  Paul le fait entrer comme expéditionnaire au ministère de la guerre, mais Paul préfère écrire  des pièces et des romans souvent publiés dans des revues (La revue des deux Mondes, L’artiste) « La misère dans l’amour » en 1832, « un trait de la vie de Don Pedro, justicier » en 1831, « Intérieur d’un harem » en 1832… Son « Yseult Raimbaud » représentée en 1830 à l’Odéon aura un certain succès.  Il a parfois quelques bonnes critiques: « Nous féliciterons l’auteur sur les progrès de son style, plus nerveux et plus vrai, et sur la simplicité de ses dernières compositions, débarrassées de l’affectation et de la bizarrerie qui avaient nui aux premières. Mr Paul Foucher est un jeune homme plein d’avenir et bien digne de recevoir l’influence sous laquelle ses relations de famille l’on placé » en juillet 1833 dans « la Revue de Bretagne » à propos de « Passions dans le Monde ». En 1834 il écrit « Caravage » drame en trois actes, en 1837 « L’an Mil » un opéra comique et « Jeanne de Naples » créé à La Porte Saint-Martin.
En 1838 il écrit une tragédie en 5 actes et en vers « Don Sébastien de Portugal » joué au Théatre de la Porte Saint-Martin au lendemain de la création de Ruy Blas de Victor Hugo, la presse sera plus indulgente pour Paul que pour Victor. Cette pièce sera un succès pour Paul. « Le pacte de famine » (  écrit en 1839 sera également joué au Théatre de la Porte Saint Martin tout comme « Le Comte de Mansfield » écrit en 1840. En 1842 il écrit à nouveau un opéra : »Le vaisseau fantôme »
A partir de 1848, Paul devient correspondant parisien de « l’indépendance belge »
En 1873, paraîtra « Les coulisses du passé » une histoire de la littérature depuis le 17e siècle.

Vous pouvez lire quelques oeuvres de Paul sur Gallica

Les extraits de lettres sont issus de « Victor Hugo, correspondances familiale et écrits intimes » tomes 1 et 2 dans la collection Bouquins chez Robert Laffont 1991

la généalogie de Paul Foucher