La barbe blanche – juillet 1903

Je suis un peu fébrile, j’espère cette fois ne pas rater mon rendez-vous ancestral, je sais que j’ai à nouveau rendez-vous avec François.

Je ferme les yeux.

C’est une bise parfumée par l’odeur des foins coupés qui me fait rouvrir les yeux, j’ai bien quitté cette fois mon salon!

Je suis devant chez François à Montigny sur l’Ain dans le Jura. C’est un jour chaud.

Je n’avais vu qu’une seule fois cette grande bâtisse, mais je la reconnais tout de suite. Il y a de l’animation chez les Billet. Je les observe de loin.

François a pris quelques années depuis le dernier rendez vous, sa barbe blanche a bien poussé et il semble heureux d’avoir ses quatre enfants avec lui.

Il y a d’abord sa fille ainée Marie Louise accompagnée de son époux, un notable, pharmacien de son état affublé d’un canotier.  Elle semble bien sage avec son bonnet sur la tête et les mains posées sagement sur ses genoux. iIs sont venus avec leur fille Anne-Marie surnommée Mizette.

Il y a aussi Louis Jean Baptiste, un peu austère avec sa large cravate, il sait depuis peu que le divorce avec Marie Alexandrine sera prononcé début novembre. Cela fait déjà trois ans qu’il élève son fils seul à Paris et chaque fois qu’il le peut revient à Montigny.

Il y a Élie, le bon vivant qui pour la photo a grimpé sur le banc. C’est le seul qui est resté au village et qui du coup s’occupe de François et qui souvent prend Maurice, le fils de Louis, en vacances. Après avoir perdu sa première femme, il s’est remarié avec une femme douce et réservée Marie Joséphine Colombe assise à coté de sa belle sœur. Son seul regret est de ne pas avoir d’enfant.

Il y a Marc, avec sa tête de titi parisien coiffée d’une casquette. Il est agent Il est venue avec Augustine sa femme couturière qui a sorti son chapeau et sa robe à col de dentelle pour la photo. Ils ont deux enfants et un troisième viendra agrandir la famille l’année suivante.

Il y a aussi le chien de chasse de François qui fait de la figuration.

Les femmes se sont regroupées pour une nouvelle photo, sur laquelle je reconnais, Mizette, sa mère Marie Louise, Augustine et la sage Marie Joséphine, elles ont fait asseoir par terre Maurice et la petit Lucienne fille de Marc.

J’attends que tous s’éparpillent pour m’approcher de François.

Il hésite quand il me voit, se rappelle t-il de notre rencontre éclair? Peut -être, mais il n’en parle pas. Il me salue en levant sa casquette et s’assied sur le banc maintenant vide. Il se met à me parler comme s’il me connaissais depuis toujours, comme s’il avait besoin de vider son sac. Il me dit son inquiétude pour Louis seul avec son fils, et puis, pour lui très croyant et pratiquant, son fils qui divorce va être excommunié!

Inquiet aussi pour Marc dont le couple n’a pas l’air très solide. Je ne vais pas lui dire que Marc divorcera aussi.

Inquiet pour Maurice, ce petit fils qu’il adore et à qui il raconte l’histoire de France, mais qui va grandir sans sa mère

Je le sens fatigué, je sais qu’il ne vivra plus très longtemps. Il décède en aout 1903 à 75 ans.

 

Cet article a été rédigé dans le cadre du #RDVAncestral, un projet d’écriture, ouvert à tous, qui mêle littérature et généalogie. En savoir plus.

François Humbert BILLET

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