Le bachelier nancéien, 5 juillet 1913

A la vision d’un journal abandonné sur un banc, je me découvre le 5 juillet 1913 et je reconnais Nancy, pourtant habituellement ma machine à remonter le temps me transporte vers une date anniversaire… Se serait-elle déréglée? Est-ce parce que je l’ai abandonnée pendant  4 mois?

Je suis devant la Faculté des lettres de Nancy et un groupe de jeunes hommes qui sortent du bâtiment avec une mine réjouie se dirigent vers moi. J’essaye désespérément de reconnaître l’un d’entre eux. Lequel dois-je rencontrer? A vrai dire, je ne sais pas, j’ai beau passer en revue mentalement mes ancêtres masculins ayant entre 18 et 20 ans à Nancy en 1913, je ne vois pas, aucune correspondance me semble-t-il. Alors pourquoi suis là?

Le groupe de jeunes gens vient de s’éparpiller et l’un d’entre eux, passe près de moi. Il est grand comme moi sans doute 1m71 , il est châtain, a un visage long, les yeux bleus, un nez busqué, des lèvres épaisses, un menton saillant et une cicatrice sur l’arcade sourcilière et sur la narine gauche. Il fait tomber près de moi un carnet  et c’est là que je réalise qui il est. Il n’est pas de ma famille…

(Euhh Christine, le principe du #RDVancestral c’est de rencontrer ses ancêtres… Je sais mais quand je vous dis que ma machine à remonter le temps débloque un peu… Alors? Qui est-ce, allez vous me demander.. J’y arrive..)

Il s’appelle Gabriel Aimé Ernest CLEMENT, il est le lycéen que j’ai découvert au travers de deux livrets scolaires achetés dans une brocante à Nancy. Mais maintenant comment l’aborder? Comme une journaliste? En 1913, ce n’est pas encore vraiment la place d’une femme… Allez, je me lance:

« Bonjour jeune homme! » il est surpris  » j’interroge quelques bacheliers pour un journaliste, à votre mine réjouie, j’imagine que vous avez obtenu votre baccalauréat? »

Tout à sa joie ma question ne l’étonne pas. « Oui, je viens d’obtenir mon baccalauréat de l’enseignement secondaire avec mention assez bien, l’année dernière j’ai passé la première partie, Latin-grec et cette année, c’était la philosophie. »

« Et que pensez-vous faire après? »

« J’aimerai être professeur de littérature, mon père m’a transmis sa passion de l’enseignement, il est instituteur. L’année prochaine je passerai une licence de littérature »

« Ou habitez-vous? »

« Mes parents sont à Diarville mais moi je suis pensionnaire au Lycée National de Nancy »

Je réfléchis pour identifier ce lycée situé dans ma ville natale, j’imagine qu’il s’agit du Lycée Poincaré actuel.

« Vous avez des frères et soeurs?

« Non, euh si, j’ai eu un frère ainé mais il est mort à sa naissance. » Je n’ose poser plus de questions sur sa famille.

« Et comment se sont passées vos années au lycée? »

« J’ai toujours été bon élève et j’ai eu presque tous les ans le prix de tableau d’honneur et des prix d’excellence dans presque toutes les matières »

Effectivement, ses deux livrets scolaires, ne contiennent que des bonnes notes et des appréciations élogieuses.

« Je dois vous laisser madame, mes parents m’attendent pour  connaître mes résultats, au revoir, dans quel journal paraîtra cet article? » Je bredouille une réponse approximative… et le laisse partir en courant.

Il est déjà loin lorsque je trouve par terre un dessin sans doute tombé de son carnet. Est-ce la maison de ses parents Gabriel Clément et Marie Joséphine Guillaume?

A partir de ces deux livrets scolaire, j’ai pu établir l’arbre généalogique  de Gabriel  mais j’ai voulu savoir également s’il avait survécu à la grande guerre; peu d’information sur sa fiche de matricule, juste qu’il a été lieutenant dans l’artillerie. Mais c’est dans l’Est républicain que j’ai pu en apprendre plus sur lui. Il publie dans le journal son faire part de mariage en 1921 avec Yvonne Florentin et lors du faire part de décès de sa maman en 1933, publié également dans l’Est Républicain, j’ai appris que Gabriel était professeur au Collège de Verdun, croix de guerre, chevalier 
de la Légion d’honneur et qu’il avait des enfants.

Si la famille de Gabriel lit cette page je peux leur rendre les livrets scolaires de leur ancêtre!

Cet article a été rédigé dans le cadre du #RDVAncestral, un projet d’écriture, ouvert à tous, qui mêle littérature et généalogie. En savoir plus.

Gabriel Ernest Aimé CLEMENT
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T comme Thourotte

Dans ce périple pour suivre mes ancêtres, je tenais à m’arrêter dans la commune de naissance de ma mère dont je vous ai parlé plusieurs fois, dans un portrait, lors d’un #RDVancestral, ou dans les souvenirs de Madeleine.

Monique Billet est née le 10 juillet 1927 à Thourotte de Maurice Billet et de Madeleine Ancelet. Pourquoi Thourotte alors que Maurice et Madeleine sont nés à Paris, parce que Maurice, après la grande guerre qu’il a faite de bout en bout, a trouvé du travail dans l’usine de Saint Gobain dans l’Oise. C’est dans cette ville que naîtrons les trois autres enfants du couple Alain né en 1929, François né en 1932 et Chantal née en 1935.

Toute la famille, vivra dans cette commune jusqu’en 1943, date à laquelle Maurice sera muté en Espagne.

 

Monique Marie Madeleine BILLET
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Les lettres d’Auguste mai 1920

Lettre à en-tête du Royaume du Cambodge- ministère des Beaux-Arts

Le Directeur de l’École des Arts Cambodgiens à M…
Phnom-Penh le 3 mai 1920

Mon cher oncle,

Je n’ai pas eu de lettres de Malzéville par ce courrier. J’espère que les santés sont toujours bonnes. Je viens de passer les quinze jours de l’an cambodgien chez un de mes camarades de Kompong-Siem, un charmant petit endroit à 45 kms de Phnom Penh et j’ai pu faire une grande toile du Syen, il était presque à sec mais malheureusement il y avait Read more

Les gribouillages de Léopold

Je vous ai souvent parlé de Léopold Silice . Artiste et passionné, malgré ses rêves d’être artiste, il travaillait aux chemins de fer de l’Est, au service de la « petite vitesse », c’est à dire les marchandises. Il était dans un bureau, et gardait les vieux bordereaux d’expédition pour dessiner et faire des « gribouillis » peut-être parfois pendant les heures de travail…

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Les lettres d’Auguste Silice – juillet 1919

Je poursuis la transcription des lettres d’Auguste qui font vivre sa vie au Cambodge à partir de 1919. Lettre à Léopold Silice son oncle.

Lettre à en-tête du Royaume du Cambodge – ministère des Beaux-Arts-

Le Directeur de l’École des Arts Cambodgiens à M…

Phnom-Penh le 25 juillet 1919

Mon cher oncle,

Je reçois ta lettre du 12 juin qui m’apprend la mort de mon père et j’ai un grand chagrin.
Il y a bien longtemps que pour mon compte tout était oublié et j’aurais bien voulu le revoir. Si j’avais su où il était pendant la guerre je lui aurait écrit car j’avais pour moi la peur d’être tué sans lui avoir envoyé un mot de réconciliation et puis c’est lui qui part le premier sans savoir tout ce que j’avais gardé pour lui dans mon cœur et de penser qu’il a pu croire à sa dernière heure que je l’avais oublié c’est pour moi plus triste que tout. …

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