16 juin 1911 dans le 15e arrondissement

C’est lors d’un promenade dans la rue du commerce dans le 15e arrondissement de Paris que je me suis retrouvée subitement en 1911. La rue est très animée et l’on peut voir encore sur les murs les traces de la grande inondation de 1910.

Fascinée par tout ce que je découvre, je ne fais pas attention au monsieur que je croise et je le bouscule. Il a failli tomber mais je l’ai retenu à temps. C’est un vieux monsieur au cheveux blancs? Il porte une moustache. C’est au moment ou je croise son regard qu’il me semble le connaître. Comme un air de famille…

« Charles? » Il me regarde étonné,

« Charles Lolivray ? »

« Oui » répond-t-il « Je vous connais? » Read more

21 avril 1830 à Villotran, visite à Pierre Champagne

C’est devant le château de Villotran, que je l’ai croisé. C’est un très vieux monsieur fatigué. Il est assis sur l’un des deux plots encadrant la grille d’entrée et tente de se réchauffer face aux quelques rayons de soleil timides. L’hiver a été l’un des plus rigoureux du XIXe siècle. L’hiver a commencé dès la mi-novembre 1829 dans toute l’Europe et s’est prolongé jusqu’à la fin de février, il y a eu plus de 2 mètres de neige en Normandie. Il a fait jusqu’à -17° à Paris en janvier. Pierre Champagne semble surveiller les bourgeons qui ont survécu au froid. Je m’approche pour l’aborder en me présentant comme une voyageuse, il est bien sûr étonné de croiser une femme qui se promène seule mais a envie de parler, sans doute pour sortir de sa solitude.

« J’ai longtemps été jardinier au château du temps de Messire Titon, comme mon père », une ombre passe dans son regard, sans doute à cause  de la mort du dit Titon sous la guillotine en l’an deux de la république. Je ne le questionne pas sur ce sujet, puisque j’ai découvert les faits lors d’un précédent article.

« Je suis bien seul maintenant, mais j’ai eu 7 enfants. Mon ainé Pierre Louis né en 1781 est parti à Paris ou il est devenu épicier, mais il est mort à 36 ans. Geneviève née en 1783 s’est mariée avec Guillaume Guignet qui travaille à la manufacture de Sèvres, je ne les vois guère » Je les « connais » bien Geneviève est mon ancêtre.  « Mon deuxième fils né en  1785 mais il est mort petiot à sept ans, après en 1787  C’est la naissance de Marie Rosalie, elle est la seule à être restée à Villotran, c’est d’ailleurs chez elle que je vis. » il fait une pause puis continue.

 » Marie Louise est née en 1790 et maintenant qu’elle a épousé un Monsieur, elle est rentière à Paris. Et il y a eut les jumeaux Félicité et Jacques mais ils n’ont vécu que quelques jours. Marie Anne, ma femme en a été très éprouvée. Cela fait maintenant 24 ans qu’elle s’est éteinte »

Je vois bien que les souvenirs font remonter des émotions, mais je ne le presse pas… Et avant même que je lui pose une question, il reprend:

« Vous savez, j’en ai vu passer des événements!  J’ai été baptisé le 21 avril 1759 sous Louis XV, j’ai vu passer 4 rois et un empereur, j’ai vécu de près la révolution…  » Se sent -il coupable de la décapitation de Messire Titon? je n’ose pas lui poser la question et le laisse avec ses fantômes…

Il ne me voit plus, il est reparti dans ses souvenirs.

Je m’éloigne doucement…

Pierre Champagne est décédé 5 ans plus tard à Villotran.

Cet article a été rédigé dans le cadre du #RDVAncestral, un projet d’écriture, ouvert à tous, qui mêle littérature et généalogie. En savoir plus.

Pierre CHAMPAGNE
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17 mars 1818 aux Feuillantines

Les giboulées ont cessées juste après le repas. Il ne fait pas très chaud mais les trois enfants Foucher Victor Adrien 16 ans, Adèle 15 ans et Henry Paul 8 ans n’ont pas résisté à l’appel du jardin des Feuillantines, surtout qu’ils sont accompagnés de deux des fils de leurs voisins Hugo, Eugène 18 ans et Victor 16 ans. Depuis quelques temps ces derniers vivent tous deux avec les Foucher.

Pierre Foucher est secrétaire du tribunal permanent de la dix-septième division militaire et sitôt le repas terminé, il est repartit au bureau.

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Charles Prosper l’étudiant – 1895

J’avais 20 ans, j’étais venue passer une semaine à Paris faire des recherches pour un projet aux Beaux-Arts de Nancy où j’étais étudiante. C’est en passant rue Bonaparte devant  le bâtiment de l’école des Beaux-arts de Paris que je m’étais sentie comme aspirée par le temps… 1977…1952…1924…1908…1895

Je me suis retrouvée, avant même d’avoir réalisé ce qu’il m’arrivait, juste derrière un photographe. Il était immobile derrière son trépied, la tête sous un tissu noir, il tentait d’assagir une bande de jeunes étudiants qui posait dans la salle de dessin. Read more

La jeune maman

28 janvier 1904, avenue Théophile Gautier à Paris (XVIe), après une matinée pluvieuse, le soleil réchauffe un peu la température. Marie hésite puis décide de sortir promener Madeleine qui babille dans son berceau. Elle la couvre bien, l’installe dans le beau landau et met sa cape et son chapeau. Elle sort du pavillon situé dans la cour de l’immeuble que le père de sa fille, architecte, vient de finir de construire.

C’est dans sa rue que je la croise de façon hautement improbable, comme si j’avais été transportée plus de 100 ans en arrière.

C’est une jeune femme ravissante qui semble heureuse, je suis évidement surprise de cette rencontre et très vite me vient une question à lui poser. Je me permets de l’aborder en la complimentant sur ce beau bébé souriant, puis en me présentant. Elle a du mal à me croire mais a envie de parler. Je l’accompagne dans sa promenade vers les jardins du Trocadéro.

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