Auguste à la guerre – 1916-1918

Deux cartes seulement sur le reste de la guerre menée par Auguste

Carte de correspondance des armées de la république- carte en franchise (début 1916)
Auguste Silice est caporal chef de pièce au 21ème colonial de mitrailleuses secteur postal n°14
Mon cher Oncle
Je t’envoie tous mes vœux de nouvel an pour toi et ma tante et toute la famille. Je suis pour le moment à l’abri et le régiment est au repos pour quelques temps loin du front. Bonne Année, bonne santé à tous, je vous embrasse de tout coeur
A.Silice

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carte de correspondance des armées de la république – carte en franchise
17 janvier 1916
Mon cher Oncle
J’espère que vous n’avez pas été de nouveau bombardés et que vous êtes tous sains et saufs. Est-ce que la place Stanislas a été abîmée ainsi que les principaux monuments de Nancy. Je ne le crois pas  car cela se saurait. Ici on fait des manœuvres, ce n’est pas très intéressant et tous nous avons hâte  que ce soit fini. Après cela  on ne sait pas où on ira mais tout est préférable plutôt que de se raser comme on le fait actuellement. Aussi le cafard colonial remue dans les crânes
Je vous embrasse tous affectueusement
A.Silice
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Plus de nouvelles donc, du moins plus rien reçu chez Léopold et Marthe Silice jusqu’en 1919…
Alors comment Auguste a-t-il vécu la grande guerre? Pour en savoir plus, je me suis tournée vers les registres de matricule. Première recherche dans les registres de Nancy sans résultat mais sachant qu’il habitait Paris vers 1900, je me tourne vers les archives départementales de Paris ou je trouve facilement son numéro de matricule (n°2375) dans les tables du 2eme bureau de la capitale.Il habite alors 19 rue Vavin dans le 6ème arrondissement.

En 1900, le conseil de révision décide que son intégration dans l’armée est ajourné pour un an pour faiblesse . Mais il est considéré comme bon en 1902. Il part donc le 16 novembre 1902 pour le 102e régiment d’infanterie, sous le n° de matricule n°4707 mais est réformé à nouveau temporairement le 21 mars 1903 par commission spéciale de Paris pour bronchite suspecte ( submatité dans toute l’étendue du poumon droit). Sa réforme temporaire est renouvelée le 30 janvier 1904 par la commission spéciale de Paris pour bronchite suspecte.
Il passe alors dans la réserve de l’armée active le 1er novembre 1904 au Régiment d’Infanterie à Bernay (n° au répertoire du corps: 017458) , puis réaffecté par décision de la commission Spéciale de la Seine dans la séance du 4 février 1905 au régiment d’Infanterie de Bernay et à nouveau réformé n°2 par la commission spéciale de Bernay dans sa séance du 28 aout 1907 pour bronchite spécifique.

Auguste étant parti pour le Tonkin début 1914 grâce à une bourse est classé dans le service armé le 30 janvier 1915 par le conseil de révision du Tonkin, et est rappelé à l’activité en vertu du décret du 1er aout 1914 ( Mobilisation générale) . Il rejoint donc  le 9e Régiment d’Infanterie Coloniale à la date du 16 mars 1915, et est nommé Caporal le 19 avril 1915; il passera au 22e Régiment d’Infanterie Coloniale le 20 juin 1915, puis au 21e Régiment d’Infanterie Coloniale le 23 juin 1915 (Décision ministérielle n°5658 1/8 du 19 juin 1915). il nommé Sergent le 1er mai 1916.
Il est cité à l’ordre du 1er corps d’armée coloniale le  9 aout 1916 « A l’assaut d’un village fortifié, a fait preuve d’un sang froid imperturbable abattant à coup de fusil plusieurs allemands qui résistaient. Pendant sous les combats du 1er au 5 juillet 1916 a eu une conduite digne de tous les éloges » Décorations: Croix de guerre avec étoile de vermeil.
Il est également cité à l’ordre du 1er corps d’Armée coloniale le 26 aout 1917 :  » A l’assaut livré le 29 juillet 1917 à une position allemande, s’est dépensé sans compter malgré le feu violent des mitrailleuses ennemies et avec un admirable mépris du danger a ramené dans nos lignes le corps de son officier grièvement blessé »
Passé au 11e régiment d’Infanterie Coloniale le 16 novembre 1917, il est réformé n°2 par la commission spéciale de Saigon en date du 1er décembre 1918 pour « Obscurité des deux sommets avec inspiration rude expiration prolongée, sclérose des deux tympans entrainant une diminution très accusée de l’acuité auditive surtout à gauche. »
Il est envoyé dans ses foyers, et rayé des contrôles le 7 décembre 1918, il se retire alors chez son beau-père Monsieur Letang qui est résident à Kampong-Cham au Cambodge.
Auguste est Médaillé Militaire par arrêté ministériel du 16 mars 1921 (JO du 16/06/1921).

La suite prochainement…

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