Un nom de lieu étrange au bas d’une photo encadrée posée sur une étagère… Sous cette photo d’un militaire moustachu était écrit:
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« Bravant la mort en restant debout sous un feu violent de mitrailleuses au milieu de ses hommes abrités et qui tombe en donnant ce bel exemple de mépris du danger » mort à Bixschoote le 22 décembre 1914

Il s’agit de mon arrière grand-père Jules Druesne et pour en savoir sur sa mort j’ai consulté :
Le journal des unités du 37e RI dont il faisait partie:
22 décembre:
La veille le régiment reçoit l’ordre suivant:
2 bataillons du 37eme attaqueront les tranchées ennemies et groupes de maisons au N.O. du bois triangulaire, boqueteaux au N. du même bois, ensuite les tranchées de 2eme ligne au S. de Bixschoote et si possible Bixschoote. Les 2 bataillons seront sous les ordres du Lieutenant Colonel Lacapelle ainsi que la Compagnie Divisionnaire du Génie qui est adjointe au 37e.
Renseignements sur l’ennemi:
De la reconnaissance faite le 19, des renseignements données par les Cts de Compagnie du 26e de 1ere ligne et d’après un prisonnier fait le 19 il résulte,
Bixschoote ne serait pas organisé défensivement. Il n’existe aucune tranchée à l’intérieur du village et les quelques tranchées qui se trouvent immédiatement devant le village dans la direction de Langhemarck sont inoccupées et remplies d’eau. Bixschoote serait régulièrement occupé par 2 bataillons d’Infanterie cantonnés dans les caves et ayant de faibles avant-postes dans les tranchées.
Ordres du colonel:
le 3eme bataillon partira de Pilkem à 4h et se portera par le chemin de Pilkem à Bixschoote en arrière des tranchées du 26eme face à son objectif. Il attaquera en 2 colonnes de 2 compagnies et après avoir enlevé les 1eres tranchées ou il laissera 1 ou 2 compagnies pour les garder, il se dirigera sur l’entrée de Bixschoote.
Le 2eme bataillon traversera le pont de Boesinge à 4h, suivra le même chemin que le 3eme jusqu’au carrefour du chemin de « Ma campagne » et ensuite par la lisière E du bois triangulaire, se placera face au bois en trapèze au N du bois triangulaire.
A 6h30, l’artillerie exécutera un tir de préparation qu’elle cessera à 6h42. A 6h45 elle reportera son tir sur la 2eme ligne.
L’attaque débouchera à 6h45. le mouvement sera lié à gauche avec celui de la brigade de fusiliers marins.
Exécution de l’attaque:
1e. Le 3eme bataillon débouche à l’heure prescrite. Les 2 compagnies de 1ere ligne (11e et 12e) atteignent la première tranchée à 250 m environ devant les tranchées du 26e.. Les 9eme et 10eme sont toujours vers les 1eres lignes dans les tranchées du 26e.
Le terrain est extrêmement mauvais et les pertes subies par les compagnies de 1ere ligne arrêtent le mouvement.
Le chef du 3eme bataillon (Commandant de Hautecloque) ayant été tué vers 8h, le chef de la 9eme compagnie (Capitaine Dusseaux) blessé également, le capitaine Meltz adjoint au colonel fut envoyé pour prendre le commandement du 3eme bataillon dans le courant de la matinée. Il fit rétablir la liaison entre la 12eme (lieutenant Jausas) et le 2eme bataillon à travers le bois en trapèze. Cette liaison difficile en raison de l’inondation de ce bois ne fut obtenue que dans la nuit du 22 au 23.
2. Le 2eme bataillon après avoir suivi la lisière E du bois triangulaire ne se mit pas exactement en face de son objectif et déclencha son mouvement à l’heure prescrite, mais dans la direction N.E.. Les 2 compagnie de 1ere ligne (6e et 8e) atteignirent les fils de fer ennemis et furent fauchés et faites prisonnières en entier. La 7eme ne sortit pas du bois. La 5eme avait été conservée en réserve à la disposition du lieutenant colonel à la lisière E du bois triangulaire au N. du chemin de « Ma Campagne »
Le régiment subit pendant les journées du 22 et 23 un bombardement extrêmement violent. Il conserva ses positions. Il avait gagné 250 m en profondeur sur un front de 500 m. Les fusiliers marins à gauche ne tentèrent aucun mouvement offensif dans la partie de leur front contigu au 37eme.
Les pertes à la suite de cette affaire sont les suivantes
Officiers:
Commandant de Hautecloque: tué
Capitaine Dusseaux: blessé
Sous lieutenants Cham et Seyewetz disparus
Lieutenant Druesne: Disparu
Troupe:
32 tués, 100 blessés, 246 disparus.

Le matin même du 22 décembre 1914 Jules Druesne écrivait à sa femme Cécile:

 » Je te le répète ma chérie, je ne suis pas plus en danger qu’auparavant, je t’en donnerai bien la preuve si je ne craignais que tu te figures que tout est dangereux….

…Allons ma chérie encore une fois, fais comme jusqu’à présent, aie foi, espérance et confiance. »….