V comme Villotran

Ce que j’aime particulièrement dans les recherches généalogiques, ce sont les découvertes improbables… Le croisement d’un ancêtre « modeste » avec l’histoire que l’on apprise dans les livres sur les bancs de l’école, la rencontre de cet ancêtre avec quelqu’un de connu. Je vous laisse découvrir lesquels dans ce blog!

Vous avez ainsi rencontré Guillaume Guignet qui avait participé à la campagne d’Égypte avec Bonaparte. C’est justement la femme de Guillaume, Geneviève Champagne qui m’a fait découvrir Villotran dans l’Oise. Elle y est née le 19 janvier 1783 de Pierre et de Marie Anne Charles Hangard. Geneviève est la seconde d’une fratrie de 5 enfants.

Son père Pierre est jardinier de Messire Titon seigneur de Villotran. Mais qui est donc ce Messire Titon? Je découvre qu’il s’agit de Jean-Baptiste Maximilien Pierre Titon de Villotran (1727-1794), avocat de Marie-Antoinette dans « l’affaire du collier ».

La famille Titon est une famille de la noblesse française, originaire d’Écosse. Ils possédaient le château de Villotran et celui le La Neuville Garnier.

On peut trouver l’histoire de cet homme mort sur la guillotine sur Gallica. C’est dans ce livre que je découvre une petite partie de l’histoire de Pierre Champagne:

« Après l’arrestation de Titon, une perquisition suivie d’inventaire avait été faite au Chateau. 3 du midi 23 Brumaire an II de la République Françaiseune, indivisible et impérissable, nous Maire et officier de Villotran, nous sommes transportés au domicile du citoyen Titon d’après les mesures de salut public que le district de Beauvais vient de prendre à son égard et sa détention dans la maison dite de Saint François de Beauvais, afin d’examiners’il se trouvait quelque chose de suspect, armes, papiers, signes de royauté ou de féodalité ». Mais c’est en vain qu’ils parcourent la cuisine, la salle à manger, qu’ils vont de l’appartement de Titon à celui de sa femme, du secrétaire où il ne s’est trouvé que des registres relatifs aux propriétés, des comptes de ménage et des écrits sur l’éducation des enfants, aux armoires garnies de linge; qu’ils se transportent dans le salon, le cabinet de bibliothèque, puis au premier étage dans l’appartement du fils, dans la chambre du citoyen Millet, dans celle occupée par la fille du citoyen Titon, dans la chambre suivante occupée par une gouvernante et un enfant; que par un petit corridor , ils visitent 5 chambres de domestiques  : Enfin qu’ils se transportent dans un bâtiment séparé, appelé le bâtiment neuf, contenant le fournil, le billard, trois appartements au premier;  puis dans les écuries qui ne renferme qu’un très petit cheval, dans une étable garnie de six vaches et de génisses, de là dans un autre bâtiment, dit le vieux pavillon, et enfin dans celui des remises et du bûcher;  ils ne trouvent rien, et la conclusion revient toujours la même : « il ne s’est rien trouvé de suspect. »

Après brumaire le château fut abandonné. Nicolas François Millet, qu’on avait pas jugé nécessaire d’arrêter, demanda ses papiers, un certificat de civisme, un certificat de résidence, un laissez-passer pour Luçon et autres lieux.  Claude Budin, Pierre Champagne le jardinier, Jacques Dutoc garçon jardinier, Louis Bouvier, Simon Pitre obtinrent aussi des passeports : ils emmenèrent les serviteurs et les femmes.  Deux domestiques restèrent cependant, ils obtinrent la garde du château et prirent soin du mobilier abandonné. Ce furent Pierre Imbault qui recevait par jour deux livres cinq sols et la citoyenne Vidrequin, gouvernante dans le mari était canonniers à l’armée du Rhin.

 Les titres de la ci devant justice de Villotran furent inventoriés et remis au district, les citoyens Dubout, Boulanger et Danse, assistés des commissaires municipaux, firent l’inventaire spécial de la bibliothèque et des autres objets  concernant les arts et les sciences. Il ne fut rien distrait de ses richesses.

 Cependant l’administrateur du district de Beauvais ayant appris que des déprédations avait été commise à Villotran, devenue propriété nationale, fit une requête le 27 nivôse an II.

 Les questions posées à Petit (ancien maire qui avait été arrêté), à Nicolas Pitre, agent national de la commune de Villotran, à Juste Jumeau. à Pierre Lioré etc., portèrent sur l’emploi de la poudre, la disparition des meubles, des lits.  Il se trouva que seuls quelques objets sans valeur avait été enlevés, mais le jardinier Champagne et Dutoc, pressé sde questions racontèrent qu’à la  demande des Titon, ils avaient enfouis des caisses d’argentrie en plusieurs lieux.  On déterra en effet dans une des caves du château, dans le jardin et dans le potager, des caisses contenant des flambeaux, plats, cuillères et fourchettes, gobelets, saucière, vaisselle plate etc.., qui furent transportées à Beauvais.

Le 2 pluviose de la même année, le conseil permanent  du  District de Beauvais fit dresser un inventaire du mobilier du château et apposer les scéllés. Ce qui ne l’empêcha pas, le 8 ventôse par l’intermédiaire de François Dumesnil l’un de ses membres de choisir au château des matelas paillasses et couvertures qui furent portés au dépôt de cavalerie de Beauvais.

… »

Voilà donc encore une jolie découverte grâce à Gallica, ma malle aux trésors, qui me permet de connaître un peu mieux Pierre Champagne.

 

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