T comme Théodore (1882-1944): la grève de 1920

Challenge AZ, Ile de France, XXeme siècle 4 Mots »

Merveilleuse découverte que ce lot de cartes postales perdues au fond d’une malle abandonnée dans une petite ferme  en Haute-Loire

“L’année 1920 est marquée par des poussées de grèves dont la violence jette l’effroi dans une partie de la population, …..le mouvement a démarré en février 1920 au PLM et a gagné les autres réseaux…” (extrait de Notre Siècle de René Rémond , Edition Fayard)
Pendant  cette  période,  Théodore, 38ans, sous-chef de manutention au PLM à Maisons-Alfort écrit tous les jours à sa femme Marie qui est en visite dans sa famille en Haute-Loire.

Maisons-Alfort le 25 /02 /1920
Chère Marie,
J’ai appris ce matin que les ateliers de Villeneuve-Triage n’avaient pas satisfaction, donc  les ateliers de Paris se mettent en grève demain lundi et si nous n’avons pas satisfaction tout s’arrêtera mardi donc si tu ne reçois pas de nouvelles de 2 ou 3 jours, tu peux dire ils sont en grève. Mais je t’écris tous les jours….                               Théodore

26/02/1920 grève des chemins de fer
….Il me semble qu’il va se passer quelque chose de nouveau; tous les chemins de fer vont s’arrêter d’après ce qu’on dit. Ne te fais pas de bile pour ça, ça sera notre bonheur pourvu que ça marche bien…….

Le 26/02/1920 en souvenir des 2 jours de grève des chemins de fer
… Ce matin je me suis levé de bonne heure pour voir ce qui se passe. Je viens de la gare et  la réunion, mais tu sais ça barde. Dans la nuit et ce matin il n’est passé que 3 trains, tout le monde “grève”; je parle des employés des chemins de fer. Ici à Maisons-Alfort et Charenton il n’y a que le chef et le sous-chef qui travaillent; Tu vois qu’ils ne peuvent rien faire. A Paris c’est de même, à Villeneuve-Triage et Saint-Georges c’est de même; ça va s’étendre partout….

27 /02 /1920 – 3 jours de grève
….La Compagnie nous envoie notre révocation à la plus part et aux autres on les mobilise. Mais personne ne répond à l’appel. Nous attendons que les flics viennent nous chercher, mais voilà que le bruit court que les sergents de ville veulent se mettre avec nous. Alors c’est la révolution, mais garde ça pour vous. Ne vous faites pas de bile pour moi , je ne risque rien; tout se passe dans le calme, ce matin nous étions 11000 hommes à la plaine du bois de Vincennes et tous d’accord…..

27/02/1920 – 3 jours de grève
…Tout marche bien, la grève des chemins de fer tourne bien pour nous, les employés de toutes les compagnies se mettent en grève aujourd’hui. C’est la compagnie du PLM qui marche la première; le PO, la partie du Nord  marchent à la grève aussi. L’Est va suivre dès demain. Et d’autres corporations vont nous suivre.

Le 28/02/1920 – 4 jours de grève des chemins de fer, grève générale sur tous les réseaux.
….J’ai reçu ta carte de Langogne, je me demande comment tu  as pu faire pour rentrer à Chapeauroux, ici il n’y a presque pas de train. La grève est générale pour tous moi je suis soldat depuis ce matin 4 février et je ne suis pas seul. Mais cela nous fait pas peur. Nous sommes les maîtres  de la situation. Demain matin nous allons discuter avec le parlement….. Je te quitte car je vais à la réunion au bois de Vincennes…….

Le 28 /02/ 1920 – 4 jours de grève
…Que faîtes vous, on ne voit pas souvent de vos nouvelles, mais c’est difficile, les trains sont rares……
le 01/03/1920 – 5 jours de grève
Je suis en bonne santé, ne vous faîtes pas de bile pour moi, je ne risque rien. La grève est générale, même les boulangers à partir de ce matin. Hier soir j’ai vu Ferdinand (son frère N.D.L.R.) et il est en bonne santé. Je n’ai pas reçu de vos nouvelles, je languis. J’ai bien un peu le cafard mais  faut du courage…….

le 02/03/1920 – 6 jours de grève
…. La grève va toujours en avant, je voudrais bien que cela finisse….
le 4 /3 /1920
….J’ai repris mon service depuis hier soir 4h à la gare. Comme je te l’ai déjà dit je suis habillé en soldat. Je suis sous-officier, autrement dit sergent et d’après mon grade je ne fais rien que commander.  Toujours pas de nouvelles de toi ni d’Eugène. J’espère que cela viendra à présent que ça marche. Je peux te dire que la révolution est écartée pour cette fois  . Ce matin on dit que le gouvernement va capituler.Que tu me fais de la peine de te voir si loin.                    Théodore

P comme Paul Foucher (1810-1875): un auteur dramatique

Challenge AZ, Ile de France, XIXeme siècle 2 Mots »

Paul_foucherTrouver de l’aide auprès de Victor Hugo pour découvrir un de ses ancêtres, c’est évidement une chance!
Paul est moins connu que sa soeur de 7 ans son ainée, Adèle qui épousera Victor Hugo en 1822.  Il est né en 1810.
Les familles Hugo et Foucher étaient très proches et ont passé de nombreux moments ensemble lorsque les enfants étaient jeunes. Lorsque Adèle et Victor débutèrent leur idylle, Paul leur servait parfois de messager, « J’ai pourtant envoyé Paul à l’instant te dire de venir… » (Lettre d’Adèle Foucher à Victor Hugo le 13/09/1822)… De temps en temps Victor emmenait Paul à une exposition « Ton petit frère vient de me tourmenter pour aller avec lui à cette exposition de tableaux » (lettre de V. Hugo à Adèle Foucher le 10 mars 1822), voir une pièce de Théâtre ou lui choisissait des livres  » J’ai l’honneur d’envoyer à Monsieur Foucher quelques livres: je désire qu’ils lui offrent quelque intérêt ; j’y joins un volume des Annales que j’ai promis à Paul en attendant le 2e volume de L’Enéïde. « (lettre de V. Hugo à Pierre Foucher père d’Adèle et de Paul le 25/09/1821)
En juillet 1823, naît le premier enfant de Victor et d’Adèle: Léopold qui est un bébé fragile. Adèle se remet difficilement de ce premier accouchement, le Général Hugo (père de Victor) et sa femme proposent alors de trouver une nourrice près de chez eux (à Blois) et de l’installer avec le bébé chez eux. Paul est du voyage et reste environ 1mois chez le général comme en témoignent plusieurs lettres échangées entre les deux familles.
Malheureusement le petit Léopold décède en octobre de la même année. En 1824, Paul signe comme témoin l’acte de naissance de Léopoldine.
Paul fait des études:  » ….. j’ai laissé ton aimable lettre à Blois, ce qui m’empêche d’y répondre en détail. D’ailleurs tu m’y fait plus de questions que ne t’en feront certainement les six pédants noirs de la faculté lors de ta candidature au baccalauréat-ès-lettres de l’université de Paris…. (lettre de V. Hugo à Paul Foucher le 10 mai 1825)
Paul semble être en admiration devant son beau-frère!: « … En arrivant j’ai trouvé ton père et ta mère; Paul m’a sauté au cou, et les milles interrogations ont commencées!…. » (lettre de Victor à sa femme Adèle le 21 mai 1825) et Pierre Foucher (le père de Paul et d’Adèle) charge Victor de surveiller Paul : » … Je vous prie, mon cher Victor, de ne pas perdre de vue notre Paul…. » (lettre de Pierre Foucher à Victor Hugo le 13 juillet 1825)
Paul sera élève de la pension Garon puis du collège Henri IV avec  le Duc de Chartres (futur duc d’Orléans) et d’Alfred de Musset qui devient son ami intime. C’est d’ailleurs Paul Foucher qui introduisit Musset chez Victor Hugo.
« L’ouverture de coeur et la véritable fraternité avec lesquelles Victor hugo adopta Paul Foucher offrent un intérêt touchant, curieux et prolongé, et leur amitié ferait un beau sujet de thèse pour quelque étudiant de nos facultés. » (extrait de « Souvenirs de Pierre Foucher 1772-1885″ préface de Louis Guimbaud chez Plon 1929)
Paul fait ses débuts d’auteur dramatique en 1828 avec une pièce jouée 1 seule fois! « Amy Robsart » qui selon  les sources  aurait été écrite soit par lui  soit par son illustre beau-frère. « On sait l’histoire d’Amy Robsart , ce drame sombre que tira Victor hugo du roman de Kenilworth, par Walter Scott, et qu’il donna en 1828, à son jeune beau-frère, pour le faire représenter à l’Odéon. La pièce ayant été brusquement sifflée, Victor hugo en revendiqua la paternité. La noblesse du geste est connue. Je n’y reviendrai donc point…
Mais voici une moindre aventure, presque inédite, et qui caractérise peut-être mieux encore les rapports des deux beaux-frères : un peu avant Amy Robsart, Victor hugo, qui, à l’occasion, provoquait et corrigeait lui-même les essais de Paul Foucher, l’introduisit dans un petit journal mort-né, le Biographe. Et là, il lui suggéra d’écrire quelques biographies d’illustres contemporains. Il lui souffla même celle d’un homme dont la grandeur ne lui a jamais échappé, l’auteur des Méditations Lamartine
Ni le parfait dévouement de Victor hugo, ni en sous-main les petites habiletés bien naturelles que déployait Mme Victor Hugo, ne parvinrent pourtant, dans les commencements, à marier Paul Foucher avec le succès. Il ne quittait guère son beau-frère, sa soeur, ou leurs amis: on le conviait avec eux à toutes les fêtes; de la rue du Doyenné, chez Roger de Beauvoir, à la place Vendôme dans l’atelier du peintre Biard, il n’est pas un bal travesti où les romantiques n’aient vu passer ce grand diable, d’une myopie accusée, costumé un soir en hallebardier, le lendemain en Guillaume Tell, et pour qui l’arme principale demeurait le binocle .
(extrait de « Souvenirs de Pierre Foucher 1772-1885″ préface de Louis Guimbaud chez Plon 1929)
En 1829, au moment ou il part à la retraite Pierre Foucher père de  Paul le fait entrer comme expéditionnaire au ministère de la guerre, mais Paul préfère écrire  des pièces et des romans souvent publiés dans des revues (La revue des deux Mondes, L’artiste) « La misère dans l’amour » en 1832, « un trait de la vie de Don Pedro, justicier » en 1831, « Intérieur d’un harem » en 1832… Son « Yseult Raimbaud » représentée en 1830 à l’Odéon aura un certain succès.  Il a parfois quelques bonnes critiques: « Nous féliciterons l’auteur sur les progrès de son style, plus nerveux et plus vrai, et sur la simplicité de ses dernières compositions, débarrassées de l’affectation et de la bizarrerie qui avaient nui aux premières. Mr Paul Foucher est un jeune homme plein d’avenir et bien digne de recevoir l’influence sous laquelle ses relations de famille l’on placé » en juillet 1833 dans « la Revue de Bretagne » à propos de « Passions dans le Monde ». En 1834 il écrit « Caravage » drame en trois actes, en 1837 « L’an Mil » un opéra comique et « Jeanne de Naples » créé à La Porte Saint-Martin.
En 1838 il écrit une tragédie en 5 actes et en vers « Don Sébastien de Portugal » joué au Théatre de la Porte Saint-Martin au lendemain de la création de Ruy Blas de Victor Hugo, la presse sera plus indulgente pour Paul que pour Victor. Cette pièce sera un succès pour Paul. « Le pacte de famine » (  écrit en 1839 sera également joué au Théatre de la Porte Saint Martin tout comme « Le Comte de Mansfield » écrit en 1840. En 1842 il écrit à nouveau un opéra : »Le vaisseau fantôme »
A partir de 1848, Paul devient correspondant parisien de « l’indépendance belge »
En 1873, paraîtra « Les coulisses du passé » une histoire de la littérature depuis le 17e siècle.

Vous pouvez lire quelques oeuvres de Paul sur Gallica

Les extraits de lettres sont issus de « Victor Hugo, correspondances familiale et écrits intimes » tomes 1 et 2 dans la collection Bouquins chez Robert Laffont 1991

la généalogie de Paul Foucher

J comme Jura

Challenge AZ, Jura Pas un mot »

Bien que mes ancêtres soient dispersés sur 24 départements, le Jura est le département lié à mon enfance et à mon grand-père maternel Maurice Billet. J’ai retrouvé dans ses affaires un Annuaire de La Préfecture du département du Jura pour l’an 1814, on y retrouve l’histoire du département, un calendrier des saints, des infos sur l’empire français et la famille impériale, l’administration des différents cantons, la population des villes et villages, le nombre d’ouvriers dans les Fabriques et les manufactures, un essai sur les tanneries, un sur les papeteries, un catalogue des plantes rares du département, la liste des quadrupèdes ovipares, des poissons et des oiseaux observés dans le Jura…

A comme Archives Communales

Challenge AZ, Lozère 3 Mots »

Facile! direz vous… Archives indispensables pour alimenter la quête de nos ancêtres!
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Mais c’est dans une petite maire de Lozère à Saint Bonnet de Montauroux et grâce à ses archives communales que ma passion pour l’histoire de mes ancêtres est née!
Il y a une quinzaine d’année, une  secrétaire de mairie (encore merci à elle) , présente 2 jours par semaine, m’a ouvert une armoire remplie de registres d’état civil. C’était la première fois que je consultais de vrais registres. Il y a un coté émouvant à toucher les « vrais » registres signés par nos ancêtres dans cette même petite mairie.
Il y a comme un lien entre nous…
J’ai commencé par les plus récents, 1902 et j’ai remonté le temps doucement, je passais d’une naissance à un décès ou à un mariage… j’avançais dans le temps je découvrais une famille, ses joies, ses peines, les métiers, petit à petit,  j’avais l’impression de lire comme un roman.
J’ai pu en deux matinées remonter une branche jusqu’à la révolution. J’ai noté fébrilement les noms et les dates dans un petit carnet, je pouvais déjà faire un premier arbre et relier cette histoire familiale à la vie de la France de l’époque.
1899, décès de Jacques Bonnefille (le même jour que Félix Faure…);

1882, naissance de Merey le petit fils de Jacques , la loi instaure l’obligation scolaire pour les enfants de 6 à 13 ans;

1866 décès de Joseph Pourcher alors qu’Offenbach termine « la vie parisienne »;

1853 naissance de Marie Rosalie Pourcher peu de temps après le Mariage de Napoléon III e d’Eugènie de Montiro;

1846 Mariage de Jacques Bonnefille et Claudine Gilles alors qu’on utilise pour la première fois de l’éther pour anesthésier un patient;

1836 naissance de Jean Pierre Pourcher l’année du décès de Charles X;

1825 naissance de Jean Pierre Pourcher (décédé à 7 ans) année de l’invention de la charrue Brabant double;

1811 décès de Claudine Payan alors que depuis début février les colporteurs doivent déclarer en mairie les livres de colportage;

1800 naissance de Jeanne Marie Pourcher tandis que Bonaparte vient de s’installer aux Tuileries;

1796, naissance de Victoire Pourcher, début de l’organisation des hospices civils…

J’ai ainsi retrouvé lors de ces toutes premières recherches plus de 50 actes… Et attrapé le virus de la généalogie.

Ces registres sont maintenant consultables en ligne
Les informations recueillies sur la « vie de la France » sont tirées du livre indispensable lorsque l’on s’intéresse à ses ancêtres: « Contextes » de Thierry Sabot

 

Jean-Claude (1791-1870): la donation

Famille Billet, Jura, XIXeme siècle 1 Mot »

Jean-Claude BILLET était franc-comtois. Pendant les  guerres Napoléoniennes, il est enrôlé dans les Dragons, au 23e régiment de Dragon le 15 février 1813, il participe à la campagne de Saxe puis à partir du 10 juillet 1814, passe au 8e régiment de dragon et fait la campagne de France. Il quitte l’armée le 20 juillet 1815 alors que Napoléon abdique pour la seconde fois et que Louis XVIII remonte sur le trône.Il s’installe alors dans son village natal de Montigny sur l’Ain et travaille comme journalier laboureur puis comme cultivateur.
Il épouse Marie Claudine en 1821 avec qui il aura quatre enfants. A la fin de sa vie, alors qu’il est veuf pour la seconde fois il fait une donation partage en faveur de 3 de ses enfants. L’énumération des biens de Jean-Claude BILLET est touchante et instructive  sur ce que pouvait posséder un cultivateur à la fin de sa vie (il avait alors 77 ans). Je vous la livre:
- une table estimée 2frs;
- quatre chaises en bois estimées 2frs 20cts;
- un bois de lit en sapin vermoulu 1fr 50cts;
- une couverture 1fr;
- une paillasse 1fr 50;
- un traversin 50cts;
- six chemises d’homme très usagées 6frs;  -quatre draps de lit 2 frs;
- un vêtement d’homme composé de pantalon,gilet, et veste estimé le tout à 5frs,
- un poële en fonte fracturé 2frs
- une vielle marmite 50cts.
Soit total du mobilier 24frs 20cts.
Dépendait aussi de la succession de Mme BILLET née ROUX une portion de maison composée d’une chambre à l’étage avec greniers au dessus et une parcelle de jardin de la contenance d’environ 8 ares. Jean- Claude BILLET  possédait une portion d’écurie et de grange mitoyenne avec celle de son fils François joignant la portion de maison sus désignée et une pièce de terre labourable lieu dit “au grand champ” ou “aux reties” de la contenance d’environ 41 ares.
Le partage fut ainsi fait: chacune des deux filles se partageait le champ “aux reties” et François Humbert prenait le reste, à charge pour lui de s’occuper de son père qui restait usufruitier de ces biens.

Généalogie de Jean-Claude

Le Trémoul

Lieux 1 Mot »

Dscn0618Le Trémoul est un petit village de Haute-Loire, posé sur un plateau longeant les gorges de l’Allier dans une partie très encaissée, située au nord de Langogne (Lozère). Cette région, je l’ai découverte il y a environ 25 ans, j’en suis « tombée en amour » (comme disent les canadiens), elle est tellement différente de ma Lorraine natale! j’aime ses odeurs, ses vieilles maisons, ses paysages si variés, son calme. Ce village, sans café, ni épicerie possède quelques belles fermes aux murs de granit. Mais pour  nous, c’est aussi le nom  de la maison construite en 1886  par Frédérique l’arrière-arrière grand-père de mes enfants qui était tailleur de pierres.
Non loin de la fontaine du village, c’est une petite ferme, qui surplombe la route. Lorsqu’on la regarde on voit sur la droite un porche fait de blocs de granit qui marquent l’entrée de l’étable,  sur la gauche quatre ouvertures; une porte garnie d’une jolie poignée en son centre  et surmontée d’un linteau sculpté gravé “ F-1886-B “ et trois petites fenêtres dont deux à l’étage.
Lorsqu’on entre on est frappé par la taille de la cheminée, le cantou qui occupe tout le mur gauche de la pièce de vie; deux personnes peuvent s’y asseoir de chaque coté de l’âtre. A droite, une sorte de petit lit semi-clos,  en pin verni encastré sous l’escalier qui monte à l’étage, il est  dissimulé par un rideau aux couleurs passées et il  est rempli désormais de pommes de pin destinées au feu. il précède la porte d’entrée à l’étable.
Tremoul  En face une porte encadrée par un vaisselier et une armoire un peu vermoulus formant cloison, ouvre sur un petite chambre éclairée par une fenêtre. Accessible par une trappe au milieu de la pièce de vie, une cave à moitié taillée dans la roche est accessible par quelques marches, il y reste encore quelques bocaux de haricots verts soigneusement rangés depuis des dizaines d’années…
L’étable n’a de place que pour une ou deux vaches, un cochon et quelques cages à lapins. C’est ce que possédaient Frédérique et sa femme. On y trouve encore quelques vieux outils. En montant à l’étage, on découvre d’un coté deux chambres où trônent quatre portraits; de l’autre la grange accessible par une grande porte ouvrant sur le coté de la maison, qui occupe tout l’espace restant  jusqu’à la charpente.
Lorsque nous pouvions y aller, nous y passions la journée,   nous profitions des quelques fruits (suivant la saison: groseilles, cerises, prunes ) qui poussent encore dans le potager délimité par un muret de pierres, nous faisions un feu dans la grande cheminée et rêveurs nous imaginions ses occupants menant la rude vie des gens du pays. Le terrain devant la maison est assez grand et permet une vue magnifique sur le plateau de la Margeride dans le Gévaudan.
Eugénie et Frédérique y ont vécu avec leurs 4 fils, lorsque Eugénie fut veuve, c’est à cette adresse que ses fils lui écrivaient pendant la Grande Guerre. A sa mort en 1921 cette maison revint à ses fils. Mais plus personne n’y  demeura à l’année.  C’est surtout son fils Théodore qui y passait ses vacances avec sa femme Marie et lorsque cette dernière se retrouva veuve en 1944, elle y restait pendant les beaux jours jusque dans les années 1970. il n’y avait pourtant ni l’eau courante ni l’électricité!
J’aimais y passer mes vacances… profiter des myrtilles, des girolles, des cèpes,des framboises, des mûres et des fraises des bois; aller se perdre dans les registres des petites mairies pour remonter le temps; visiter ces petites églises avec leurs clochers si typiques ou simplement se promener… Mes enfants, eux,  envisagent de s’y installer plus tard entravaillant sur internet et pourront ainsi vivre loin des villes… Qui sait…