Y comme yoyo, poupées et autres joujoux

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Vous avez sans doute tous joué un jour avec un yoyo, mais notre enfance est parsemée de plein d’autres joujoux ou jeux.: les poupées comme  celles de Mamita en 1905, les petits paniers à empiler, les boites en carton (merveilleux pour se cacher avec son grand frère…), ma première voiture, mais aussi le billard pour enfants qui était chez mes grands parents paternels, le jeu de nain jaune et les jeux de backgammon et de dames… Et vous quels étaient vos joujoux?

Q comme Quatre

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Quatre, nous sommes 4 mes frères et moi, enfants de Monique et Yves

une fratrie qui a traversé comme beaucoup des épreuves et des joies.

Aujourd’hui, nous étions tous les 4 devant le cercueil de notre père.

4 soudés pour accompagner ce père vers un repos bien mérité.

O comme Odeurs de voyage

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A leur retraite, mes grands-parents s’installèrent dans un petit village franc-comtois, surplombant Lons-le-Saunier: Montaigu. Plusieurs fois par an, nous y allions, mes parents mes frères et moi pour un week-end prolongé ou pour une fête et invariablement le même rituel s’organisait…
Le départ était prévu vers 8h, nous avions 300 kms à faire et Mamita et Papy nous attendaient pour le déjeuner. Chacun d’entre nous se préparait, s’habillait « bien » pour ne pas affronter à l’arrivée d’éventuelles remontrances de Papy. Maman mettait une jolie robe et se parfumait de « Shalimar » de Guerlain, Papa chargeait les bagages dans la DS, et posait délicatement sur la lunette arrière l’excellent Munster « fait à cœur » acheté la veille chez le meilleur fromager de Nancy (c’était la première commande de Mamita).
Tout le monde s’installait dans la voiture, mes trois frères et moi à l’arrière prenions nos places en nous chamaillant pour avoir une place près de la fenêtre, Maman était bien sûr à la place passager car Papa ne cédait jamais son volant. Et la voiture démarrait…
11 kms plus loin après avoir fait un détour nous nous arrêtions à Maron, pour récupérer la deuxième commande de Mamita : la tourte Lorraine encore chaude sortant du four, qui était posée délicatement près du Munster. Et le voyage reprenait…
Au bout d’une demie heure, les odeurs mélangées de munster, de tourte chaude et du parfum de Maman commençaient leur œuvres… Je me mettais à pâlir, et me sentais un peu patraque… Je commençais à avoir « mal au cœur » ou à la tête, et on était obligés de s’arrêter, je réclamais alors une place près de la porte si je ne l’avais pas obtenue au départ ( privilège réclamé en tant que seule fille de la famille…) et essayait désespérément de me rafraîchir en entrouvrant la fenêtre pour échapper aux odeurs qui m’écœuraient. Le voyage me paraissait interminable, mais après avoir posé 100 fois la question « quand est ce qu’on arrive? » à laquelle nos parents ne répondaient plus, je voyais enfin se découper sur sa colline le clocher de l’église du village de Montaigu. Là je reprenais des forces, et à l’entrée du village, nous lisions mes frères et moi en cœur la pancarte « Montaigu, pays de Rouget de Lisle »
Nous étions arrivés, c’était l’heure de se mettre à table, tous plein d’appétit!
En entrée: la tourte.. délicieuse dont l’odeur s’épanouissait enfin seule, un plat principal qui variait et comme fromage le munster odorant que mon grand-père mangeait parsemé de cumin. En dessert, nous mangions un « écureuil » gâteau au chocolat acheté le matin même par Papy chez Pelen patissier à Lons-le-Saunier. Ce repas nécessitait ensuite soit une sieste, soit une promenade dans « les vallons ».

Les voyages se passèrent ainsi pendant plusieurs années, jusqu’au jour ou mon père eut l’idée d’installer le Munster au creux de la roue de secours, dans le coffre, il ne restait plus qu’à résister seulement aux odeurs de Parfum et de tourte…

N comme Noël

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De mon enfance, je me souviens surtout de ce Noël qui se passait à Montaigu (Jura) chez mes grands-parents maternels. Je devais avoir 7 ans, je ne sais plus si je croyais encore au Père Noël, mais pour les plus jeunes de mes cousins, on faisait semblant. En revenant de la messe de minuit, nous étions tous installés dans la salle à manger devant le sapin de Noël. Mon grand-père arriva avec un immense carton, du moins du haut de mes 7 ans il me paraissait immense, que le père Noël n’avait pu mettre dans la cheminée et avait déposé devant la porte. Le carton était rempli de paquets cadeaux que Papy commença à distribuer à mes frères, à mes cousins, à mes cousines, alors que tous avaient déjà deux ou trois paquets devant soi et que mon grand-père égrenait les prénoms, le mien ne se faisait pas entendre et le carton était presque vide. Le père Noël semblait m’avoir oubliée, je sentais mon coeur se serrer, je disparaissais, devenait invisible. j’entendais un brouhaha mêlant les cris de joie, les « ho », les « ha » tandis qu’un disque distillait en fond sonore des chants de Noël. Soudain, j’entendis mon prénom, je revivais… je me précipitais, c’était le dernier cadeau tout au fond du carton, c’était le plus petit paquet de tous, je tremblais, j’allais prendre mon paquet, mais mon grand-père le retint en me disant, que si le père Noël ne m’avait apporté qu’un seul cadeau, c’est que mes résultats scolaires n’étaient pas assez bons. j’étais mortifiée d’être ainsi montrée du doigt devant toute la famille, je me réfugiais dans un coin pour ouvrir mon paquet qui j’espérerais allait me consoler… c’était une sorte de trousse carrée en cuir bleu d’environ 15 cm sur 15 qui s’ouvrait comme un livre grâce à une fermeture éclair, je fus intriguée et un peu inquiète, cela ne ressemblait pas à un jouet… J’ouvris et découvris une trousse de couture… Soudain l’impression que tout le monde me regardait et se moquait de moi… Je ne me souviens plus de rien d’autre de cette soirée!
La trousse de couture n’a jamais servie et est restée pendant des années au fond d’une armoire, je ne l’ai jamais retrouvée. je ne voulais plus entendre parler de couture. Je ne m’y suis mise que 10 ans plus tard…

Les autres Noëls de mon enfance me laissent au contraire un sentiment de bien-être et de joie surtout lorsqu’ils se passaient chez nous à Nancy. Chacun de nous participait à la fête, la décoration, la bûche, les cadeaux; le sapin était immense, il nous fallait un escabeau pour le décorer. Il y avait une effervescence joyeuse dans ces préparatifs. Maman était encore là, Noël était vraiment une fête.

Mes frères et moi: la photo!

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Mes_freres_et_moi_1Cette photo représente parfaitement le titre de la note et tout ce que je mets dans ce titre… plein de tendresse et d’affection. Mes frères ont gardé les même regards, tous les trois si différents mais toujours présents à mes cotés, chacun à leur façon.

Nous quatre par ordre d’âge. D’abord les deux grands: Bernard à droite, l’aîné toujours talonné ou dépassé en taille par Denis, puis les petits: moi et enfin Laurent. Il n’y avait que 5 ans et demi de différence entre Bernard et Laurent mais il y a toujours eu les 2 grands et les 2 petits…
Nous sommes évidement tous habillés par Maman , les deux grands ayant toujours à peu près la même taille, elle faisait tout en double ce qui explique sans doute le même tissu utilisé, Laurent récupérant les années suivantes les habits de ses frères avait une garde-robe conséquente mais toujours en double! Pour différencier les vêtements, Maman faisait à l’intérieur du col ou sur les ceintures de nos vêtements des petites croix (X) en fil perlé de coton rouge une croix pour Bernard, deux pour Denis… et ainsi de suite, et quand un habit passait au suivant, il suffisait de rajouter une croix et c’était pareil sur les chaussettes ou les gants. Que de croix brodées!

La photo a été prise par mon grand-père Gustave (époux de Germaine), il se promenait toujours avec son appareil photo protégé par un épais étui de cuir marron accompagné de sa cellule également gainée de cuir. Il nous faisait poser, sortait sa cellule, faisait quelques calculs qui me semblaient bien compliqués et prenait ses photos. Une fois la pellicule terminée, lorsqu’il rentrait chez lui dans la maison de Malzèville il s’enfermait dans un tout petit cagibi qui lui servait de labo photo et qui avait sans doute servi déjà à Léopold, c’est d’ailleurs là que j’ai retrouvé stockées des dizaines de plaques photos en verre faites par ce dernier.
Les photos développées étaient souvent superbes, comme celle ci qui est ma photo préférée de « mes frères et moi ».

Mes frères et moi: Bernard et Denis 1957

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Gustave (le mari de Germaine), mon grand-père faisait de la photo, il avait dans la maison de Malzèville un petit cagibi qui lui servait de labo-photo (c’est d’ailleurs là que j’ai découvert dans des cartons, les plaques photographiques de Léopold). Il aimait nous photographier et a réussi quelques très belles images de mes frères et moi.

Parfois, il réalisait un petit montage comme celui ci-dessous et le légendait.

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« Mon vieux Denis, tu vois ce que je sais faire, l’équilibre est une chose difficile et je n’ai plus qu’à placer byssie

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Attention voilà les autorités… je vois que tu veux faire tomber la pyramide des tonneaux. Attends un peu que le Pépé admire mon travail, cela me vaudra peut-être un tchu-tchu

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Et puis après tout, on s’en fout des tonneaux, de byssie, des tchu-tchu du Pépé et même du Pépé
Rien de tel que la fraternité!  »

PS:
byssie est la pièce la plus petite à déposer délicatement au sommet de la pyramide
le « tchu-tchu » un jeu calin avec Pépé
Les textes sont de Pépé
les costumes sont de Maman qui pendant toute notre enfance, a confectionné nos vêtements, il arrrivait souvent que nous soyons tous habillés d’un même tissu, short pour mes frères et jupe pour moi…
Le décor, notre appartement de la Rue des 4 églises à Nancy

Monique (1927-1979)

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MamanJe ferme les yeux, j’entends son rire sonore et gai, et ne peux m’empêcher de sourire…
Je la vois dans la cuisine préparant la paella ou la « merlu sa frita » (phonétiquement!), faisant la confiture d’abricots ou de fraises tout en chantonnant sur des airs de valses de Strauss ou de ballets de Tchaïkovski.
Je la vois parler avec Mamita en préparant le dîner des enfants ou redevenir petite fille lorsqu’elle retrouvait son père.
Je la vois devant sa machine à coudre réparant nos accrocs ou me faisant une robe.
Je la vois, arrivant dans sa 2CV, pour venir me chercher à l’école ou aux cours de danse.
Je la vois s’affairer pour une communion ou un anniversaire qu’elle organisait à la maison… nous nous retrouvions alors à plus de 30 autour de la table: les grands-parents , les grands-oncles et grandes-tantes, cousins, cousines, oncles et tantes… elle n’oubliait personne et ils étaient tous là. Elle mettait les belles nappes brodées, sortait l’argenterie et faisait son fameux jambon en croute avec sauce au Madère!
Je me vois faire les lits avec elle dans le chalet que nous louions en suisse pendant que les garçons déchargeaient la voiture.
Je l’entends m’appeler pour tendre les draps lorsqu’elle sortait le linge de la machine à laver ou pour me redire une fois de plus de ranger ma chambre…
Je la vois soignant Laurent qui s’était blessé ou demander à Bernard et à Denis de ranger leurs petites voitures…
Je la vois complice et tendre avec son frère François.
Je la vois songeuse jouant avec son collier de perles.
Je l’entends parler avec plaisir en espagnol avec le père espagnol avec Carmen ou avec ses parents (pour que les enfants ne comprennent pas…)
Je la vois se démener pour trouver un travail ou un logement aux réfugiés cambodgiens et vietnamiens dont elle s’occupait.
Je l’entends le soir, discutant pendant des heures avec mes trois frères et moi autour de la table de la cuisine alors que Papa était déjà couché…
Je la vois assise au bord de mon lit, m’apportant une tisane ou un lait chaud lorsque j’étais malade…
Je la vois fière et émue aux mariages des mes deux frères ainés…
Je la vois s’inquiéter pour nous alors qu’elle était sur son lit d’hôpital, malade d’un cancer…
Je la vois venir dans ma chambre, la dernière fois, c’était un matin de septembre 1979, je n’avais pas encore repris les cours, elle allait une fois de plus à l’hôpital, mais elle était souriante et confiante… Je veux garder ce sourire et oublier ses derniers instants… J’avais 22 ans

C’était Maman…

Mes frères et moi: la toile rayée jaune et blanche

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Lorsque j’étais enfant, une grande toile rayée jaune et blanche réapparaissait chaque année avec les beaux jours. Généralement, c’était pour un pique-nique …
Dès le matin Maman s’affairait, préparait le panier, les assiettes, les couverts pendant que papa préparait invariablement du poulet en papillote (dans une feuille d’aluminium: un morceau de poulet cru quelques lardons -indispensables en Lorraine- quelques champignons, des herbes de Provence, sel et poivre) qu’il comptait faire cuire sur un petit barbecue pliable. Tout était chargé dans l’ID, voiture Citroen changée tout les 2 ou 3 ans et qui suivant les époques fut vert « crapaud » (qualification de Mamita, notre grand-mère qui lorsqu’elle nous voyait arriver dans cette voiture, nous appelait « les crapauds »), bleu clair ou vert foncé: les fauteuils pliables, le barbecue, le charbon de bois, le panier bien sûr et surtout la toile rayée jaune et blanche.
On s’entassait tous à l’arrière, mes trois frères et moi, le chien s’installait en dernier et s’allongeait confortablement sur nos quatre paires de genoux… Si l’un de mes frères était absent, il était remplacé par un cousin, un copain ou les grands-parents…
Arrivés sur les lieux, Papa installait le barbecue, chapeau vissé sur la tête, répartissait le charbon de bois, allumait et se préoccupait de faire de belles braises, il pouvait alors poser la grille et posait côte à côte les papillotes, il gardait cependant toujours un peu de place pour faire des tomates provençales qui cuisaient doucement. Pendant ce temps, mes frères et moi sortions le reste, fauteuils de toile, table pliante, panier et la toile rayée jaune et blanche. Maman avait prévu les victuailles incontournables du pic-nique: les chips ou la salade de riz au thon et olives et en dessert caché dans la glacière en polystyrène tapissé de tissu écossais: les glaces faites maison à la fraise ou à l’abricot, en « miko » ou en tranches.
Les parents s’installaient sur les fauteuils et nous sur la toile rayée jaune et blanche… Elle devenait suivant nos âges, la nappe du pique-nique , le matelas de nos siestes ou le drap éloignant les moustiques, le tipi de nos combats d’indiens et de cow-boys, la toile de tente sous laquelle nous jouions aux cartes, ou le auvent nous protégeant du soleil.
Cette toile rayée jaune et blanche a commencé à accompagner nos souvenirs lorsque mon plus jeune frère avait 1 an comme en témoigne cette photo et je me souviens l’avoir vue encore à la maison lors de mes 20 ans, elle avait été plusieurs fois rapiécée mais avait gardé ses couleurs. Elle a voyagé avec nous en Suisse, dans le Jura, en Lorraine, en Bretagne, Nax, Montaigu, Eulmont, Port-Blanc… de quoi dérouler les fils de ma mémoire..
Je ne sais pas ce qu’elle est devenue, peut-être dort-elle cachée au fond d’une valise, attendant de raconter ses souvenirs…
Dru

Anniversaires… à propos… ce blog a 2 ans !

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anniversaires Au fil des années, les anniversaires étaient toujours une vrai fête, lorsque nous étions enfants, mes frères et moi. Ils étaient prétexte à des repas de famille ou étaient présents, au minimum nos parents et les 4 enfants, venaient s’ajouter les grands parents, les grands-oncles et grandes-tantes habitant Nancy, parfois les oncles et tantes et bien sûr les cousins, puis lorsque nous avons grandi, nos amis. Il y avait parfois presque autant de monde qu’aux communions où nous pouvions être jusque 30 à table. Maman s’affairait dans la cuisine avec l’aide de Carmen (une femme espagnole parlant très peu le français, que nous adorions mais que nous faisions enrager lorsqu’elle nous gardait, elle aidait maman pendant la semaine et faisait des extras lors de ces fêtes de famille)
Le repas était toujours excellent et le repas se terminait invariablement par un dessert acheté chez « Genot » rue St Dizier à Nancy: une ou plusieurs Polka, une sorte de tarte dont le pourtour était fait de pâte à choux caramélisée et garnie d’un flan façon crème brûlée. Je n’ai jamais remangé de ce gâteau depuis mes 21 ans mais mes papilles s’en souviennent encore! Cette polka était obligatoirement accompagnée du vin mousseux Pignier provenant de Montaigu (Jura) où vivaient Papy et Mamita . C’était notre « champagne » lorsque nous fêtions un événement. A la fin du repas étaient bien sûr distribués les cadeaux.
La plupart des fêtes suivaient le même rituel, seuls les repas de Noël et de nouvel an se finissaient par la bûche aux marrons.

Pour cet anniversaire de blog, je propose un petit référendum… Quelle a été votre note préférée pendant ces deux ans ?