31 octobre 1914

31 octobre 1914

Ma bonne Cécile,

Ne nous plaignons plus de la Poste ! Hier soir, en effet, j’ai reçu en un seul paquet :

1° ta carte du 20 octobre

2° tes lettres des 21, 23 et 24 et celle de Loulou

3°La deuxième partie de la carte de Robert

4° Enfin les différentes annexes que tu m’envoies, lettre du docteur Perrin… etc….

Devine ma joie, merci, merci de cette joie que tu me procures, c’est comme tu le supposes à raison, ma seule distraction, que dis-je ma seule préoccupation.

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30 octobre 1914

Fonquevillers, 30 octobre 1914

Ma bonne Cécile,

En attendant le vaguemestre qui, je l’espère, va me remettre une lettre aujourd’hui, je viens, le dos au feu, dans ma chambre bien chaude, car des journaux remplacent les carreaux cassés. Je viens, dis-je parler de mon existence de pacha.

J’en suis content, cependant je dois dire pour mon excuse, que si le colonel n’est pas à ma place, c’est parce qu’il se croit plus en sécurité où il est et d’où il m’a fait déménagé. Je dois dire aussi qu’aux tranchées, les hommes ont apporté des aménagements tels que tout à l’heure encore, aux sapeurs auquels je demandais s’ils voulaient loger dans le village plutôt que dans leurs tranchées et il me fût répondu qu’ils préféraient rester.

En effet, ces tranchées garnies de paille sont, comme je crois l’avoir dit, couvertes avec toutes sortes de matériaux portes et planches des maisons abandonnées, côtés de chariot, jusqu’aux dos des bancs de l’église qui est le point de mire des obus allemands… Etc. bref, à part mon lit, je dors malgré les canonnades les plus furibondes, et aussi à part mon petit poêle « Godin » de guise, à part aussi ajouterais-je, la table qui ne laisse rien à désirer. J’ose dit que je ne suis pas mieux que ceux des tranchées ! ! Read more

29 octobre 1914

Fonquevillers, 29 octobre 1914

Ma bonne Cécile,

Pas encore de lettre aujourd’hui, j’espère que rien de grave ne se passe là-bas et que c’est au service de la poste qu’il faut s’en prendre. J’ai été tellement gâté ces jours derniers ! J’en suis quitte à relire tes lettres.

Même calme, pour moi ici : je dis pour moi, qui n’ai pas à aller aux tranchées, car là ça ne chôme pas, c’est toujours la fusillade de tranchée à tranchée. Tandis que la canonnade ne cesse pas . Mais si notre canon ne leur fait pas plus de mal que le leur , ils doivent être bien tranquilles . Hier nous avons eu un territorial tué, mais c’est parce qu’il marchait au milieu de la route au lieu de se défiler au long des murs qui restent des maisons. Ma chambre est toujours intacte, mais aujourd’hui, il a gelé, il n’y fait pas bien chaud. Il y a un petit fourneau genre « Choubersky » et du brouillard, je vais faire faire un peu de feu , les prussiens ne verront pas la fumée.

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28 octobre 1914

Sur carte de correspondance des armées de la république

Carte en franchise

28 octobre 1914

Ma chère Cécile,

Tout va bien, santé et le reste, nous recevons-mêmes de très bonnes nouvelles.

Mais il ne m’est pas possible de m’entretenir plus longtemps avec toi aujourd’hui.

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27 octobre 1914

27 octobre

Ma bonne Cécile,

Je n’ai pas beaucoup de temps à te consacrer aujourd’hui, car j’ai les paperasses à établir pour ce fameux conseil de guerre qui se réunit aujourd’hui.

Je t’en ferai connaître le résultat de main. Cette besogne m’ennuie et surtout le rôle que j’ai à jouer là-dedans, mais comme tu le voies, il faut être prêt à tout faire en guerre.

Clément lui en ce moment est chef cantonnier et chargé, outre le téléphone, de la distribution de l’eau potable. Moi après avoir fait le fossoyeur presque, me voici juge d’instruction. Read more