Mes frères et moi: Bernard et Denis 1957

Gustave (le mari de Germaine), mon grand-père faisait de la photo, il avait dans la maison de Malzèville un petit cagibi qui lui servait de labo-photo (c’est d’ailleurs là que j’ai découvert dans des cartons, les plaques photographiques de Léopold). Il aimait nous photographier et a réussi quelques très belles images de mes frères et moi.

Parfois, il réalisait un petit montage comme celui ci-dessous et le légendait.

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« Mon vieux Denis, tu vois ce que je sais faire, l’équilibre est une chose Read more

Germaine (1901-1977): Mamie

Mamie_1Mamie, un surnom qui veut dire douceur et tendresse…
Germaine était mon autre grand-mère. Bien sûr vous connaissez maintenant Mamita (Madeleine) qui a pris déjà beaucoup de place dans ce blog de par son caractère et sa personnalité, mais j’avais comme beaucoup, une autre grand-mère: Germaine qui elle, malheureusement n’a jamais écrit ses souvenirs. Elle est décédée avant que je ne lui demande…

Germaine avait un caractère doux et effacé, mais elle a été une grand-mère « gâteau » comme j’en souhaite à tout le monde!

Fille de Léopold et de Marthe, Germaine est née en janvier 1901. Premier enfant du couple, elle aura ensuite une soeur Anne-Marie et deux frères: Pierre qui décédera à 6 mois et Jean. Grâce aux photos prises pas son père, on la voit grandir, enfant sage et timide à coté d’une soeur espiègle et un petit frère de huit ans plus jeune. Je sais peu de choses de son enfance, mais je l’imagine comme une enfant studieuse et obéissante. Contrairement à ses parents très artistes et à sa soeur qui fera le conservatoire, elle choisit des études de Mathématiques (nous sommes en 1920 à Nancy) peu prisées par les filles. Elle perd son père dont elle parlera toute sa vie avec tendresse lorsqu’elle a 21 ans.
Elle termine brillamment ses études et c’est sans doute lors d’un bal d’étudiants qu’elle rencontre Gustave élève ingénieur à « l’electro », des bals où elle est bien sûr chaperonnée par sa mère et accompagnée de sa soeur Anne-Marie. Il semble qu’elle ait enseigné quelques années puis s’est mariée en 1926 à Malzéville, et a suivi son mari à Béthune ou il était ingénieur des Mines. Deux fils naîtront de cette union, mon père et mon oncle. Germaine deviendra donc femme au foyer, l’a-t-elle regretté, il n’y a personne pour me le dire… Elle s’occupe donc de ses fils, coud, cuisine, jardine…

Je sais peu de choses sur la vie de mes grands parents paternels entre 1930 et 1950, à part quelques bribes sur la période de la guerre… bombardement, exode, réfugiés à Paris, maladie de Gustave, retour dans le nord …
J’ai peu connu la maison de Mazingarbe où ils habitaient, et à la retraite de mon grand-père, ils se sont installés dans la maison des parents de Germaine à Malzéville. Et là a commencé mon bonheur de petite-fille…

Au début, je passais des petits séjours avec ma cousine Chantal qui avait le même âge que moi, nous jouions avec nos poupées (achetées par correspondance au journal « Modes et travaux » auquel était abonné Mamie) habillées grâce aux patrons trouvés dans la revue et aux chutes de tissu des robes de Mamie, nous ramassions dans le jardin tout en longueur, les groseilles, les framboises et les fraises qui se transformaient dans la cuisine en confitures parfumées ou en tartes savoureuses.
Parfois, Mamie m’emmenait au « Guignol » de la pépinière à Nancy, j’adorais et ne savais pas à l’époque que Léopold avait fait des représentations de Guignol à Malzèville; à l’entracte, il y avait toujours un petit jeu de questions auxquelles j’aimais répondre car cela permettait de gagner des places … Mamie était donc obligée de m’emmener la semaine suivante!
Mais mes meilleurs souvenirs datent du moment où j’ai pu prendre le bus (le 8) direct entre Nancy et Malzéville, seule ou avec mon « petit » frère Laurent. J’y allais pratiquement tous les jeudis puis mercredis.
J’y arrivai parfois la veille, pour pouvoir écouter les pièces de théâtre à la TSF (comme disait mes grand-parents) ou plus tard regarder à la télévision (que nous n’avions pas à la maison) « la piste aux étoiles » ou « les dossiers de l’écran » (dont j’entends encore la musique du générique un peu solennelle). Le lendemain matin, je faisais mes devoirs avec mon grand père et avait le droit d’utiliser ses « crayolor » pour colorier mes cartes de géographie ou pour dessiner. Nous allions parfois ensuite à la bibliothèque chercher des « sylvain et Sylvette », et des « Michel Vaillant » et des « Bob Morane » pour mes frères. Après le repas à la fin duquel nous avions toujours droit à notre pâtisserie préférée du moment, nous faisions pendant des heures des parties de nain jaune ou de pronostic (si, vous qui lisez ce texte, connaissez ce jeu de carte, je serai heureuse d’en retrouver les règles…). Une fois la télé arrivée, nous jouions moins longtemps pour pouvoir regarder « skippy le kangourou » ou « flipper le dauphin »… qui passaient après « aujourd’hui Madame » que regardait Mamie.
Vers 12 ou 13 ans, ces milieux de semaine ne me suffisaient plus , je demandais aussi à passer le samedi soir lorsque nous devions faire un repas de famille le dimanche. Je dormais alors dans une des deux chambres du « second » (étage) qui était pour moi le paradis… des dizaines de livres étaient rangés dans une bibliothèque, j’ai du les lire presque tous, certains plusieurs fois. Je lisais très tard et m’évadais avec tous les Contesse de Ségur, puis les Alexandre Dumas, les Jules Verne, les Agatha Christie…. Et mon bonheur fut complet lorsque je découvris un jour, dans une grande commode entreposée dans une petite pièce dont la porte vitrée avait été peinte comme un vitrail, les aquarelles de Léopold…

Bien sûr, adolescente, je n’allais plus aussi souvent chez mes grands parents mais toujours régulièrement jusqu’au décès de Mamie en 1977. Gustave est resté quelques temps seul, mais sans sa moitié, il était perdu et a du s’installer dans un studio d’une maison de retraite jusqu’à ce qu’il nous quitte à son tour en 1981. La maison de Malzèville, a alors été vendue, mais je me suis précipitée pour récupérer les trésors découverts: les oeuvres de Léopold et les correspondances d’Auguste

Je garde une profonde tendresse pour elle.

Généalogie de Germaine

Madeleine, 1936: la maladie de Maurice

Mita_2Suite des souvenirs de Madeleine…
Je viens de m’étendre longuement sur ces dix années où sont nés nos quatre enfants. Notre vie à Thourotte était sans histoire ; des petites bonnes successives m’aidaient à m’occuper des enfants, du ménage et me permettaient d’aller souvent à Compiègne où nous avions de plus en plus d’amis. A la sortie du bureau à 6h, nous allions souvent dîner chez les uns ou les autres et bridger. Nous allions au théâtre chaque fois que passaient des Opérettes, genre qui nous plaisait beaucoup ! « Le pays du sourire », qui d’ailleurs a été repris il n’y a pas si longtemps, est une de celles qui nous a le plus marqués. C’est d’ailleurs peut être à la sortie de cette opérette que mon mari prit un coup de froid qui tourna très mal. Compiègne avait un climat humide et c’était l’hiver. Read more

le carnet de bal d’Amélie vers 1860

Carnet_1Rangé soigneusement dans un mouchoir de soie, un carnet de bal en corne orné d’un décor floral… sur les pages faites de plaquettes d’ivoire, un prénom: Amélie.
Amélie  était jeune fille dans les années 1860, issue d’une famille bourgeoise, elle allait parfois au bal, et devait ressembler dans ces occasions à ces gravures de mode du « Petit courrier des dames ». Robe de bal, gants, éventail et carnet de bal, qu’elle devait être Read more

Madeleine: la famille s’agrandit (1931-1936)

4enfantsLa vie coulait facile à Thourotte. Maurice allait au bureau ; j’étais bien servie par une petite bonne qui n’avait, – dans ce temps-là, – de sortie que le dimanche après-midi ! Le jardinier prenait grand soin du jardin. Nous avions des arbres fruitiers : pruniers, cerisiers et j’appris avec beaucoup d’intérêt à faire des confitures. Maurice cueillait les fruits avec les enfants au pied de l’arbre pour l’aider, ce qu’il faisait avec joie, et on venait m’apporter en procession le panier plein de fruits : « A toi de travailler maintenant ! » Dans ma grande bassine en cuivre, j’ai fait des centaines de kilos de confiture. Puis il y avait les conserves de haricots, les bocaux stérilisés de petits pois, les oeufs mis en conserve, eux aussi, dans du papier journal ! Car j’avais des Read more